Ferait-on la fine bouche avec le champion ? Oui et non. On ne peut pas minimiser la superbe série à domicile de 43 points pris sur 45, mais on ne peut pas non plus ignorer la façon poussive qu’a cette équipe d’aborder régulièrement ses rencontres a priori « faciles ». Samedi n’a été qu’un déjà-vu. Cette équipe saint-gilloise est tellement rodée et structurée qu’elle est deux crans au-dessus de la majorité des équipes de Pro League. Et elle le sait. Alors elle propose régulièrement une première mi-temps terne, avant de sortir les crayons de couleur en seconde.
Westerlo, Antwerp, La Louvière…
« Pour un champion en titre, c’est trop peu », avait reconnu Kamiel Van De Perre à Westerlo, après une prestation où beaucoup avaient été à 80 % de leurs moyens. Ce 0-0 faisait d’ailleurs suite à une victoire contre l’Antwerp à domicile arrachée de justesse sur un coup de tête assez heureux de Sykes à la 92e. Le schéma avait été différent : pour une fois, les Bruxellois avaient livré une belle première période, avant de se relâcher en début de seconde, et être rattrapé à 1-1. Mais dans les « petits » matchs, une forme de suffisance habite les joueurs d’Hubert, qui avait encore répété les mêmes mots après le succès poussif contre La Louvière (2-1) : « Je n’étais pas content à la mi-temps. »
On s’est longtemps demandé si le calendrier chargé pouvait expliquer ces difficultés à l’allumage, mais l’Union ne joue plus qu’un match par semaine depuis un mois, maintenant, et rien n’y fait. Les champions ont du mal à se motiver lorsque l’affiche est moins alléchante.
62 % des buts après la pause… comme Bruges
Les chiffres confirment l’impression : en championnat, la RUSG a mis 47 buts, dont 18 en première période et 29 en seconde. Rien que sur ses cinq dernières journées, elle n’a marqué que deux fois lors des quarante-cinq premières minutes. Bien sûr, on marque toujours plus après la pause, mais pas dans ces proportions : 53 % des buts inscrits cette saison en Pro League sont tombés en seconde mi-temps. Un taux qui monte à 62 % pour l’Union, donc… exactement comme Bruges, d’ailleurs. L’autre grand favori au titre peine lui aussi à se motiver en début de match. Autre élément explicatif : l’adversaire, plus prudent face aux deux « ogres », finit souvent par craquer après une cinquantaine de minutes.
Mais, clairement, il y a une question d’état d’esprit dans le chef d’Unionistes qui semblent attendre les playoffs avec un certain ennui. Reste à voir s’ils parviendront bien à basculer l’interrupteur dans ce tour final, et entamer les matchs par le bon bout. Le dernier déplacement de la phase classique à Saint-Trond permettra d’ailleurs de se faire une idée de la capacité du champion à hausser le niveau dans un sommet belge.
En gagnant avec la manière à Saint-Trond, l’Union enverrait un message à la concurrence.
Enfin gagnants en déplacement ?
Cela pourrait être une belle occasion pour Christian Burgess et ses équipiers de montrer qu’ils sont prêts pour le tour final. Et prêts à enlever un autre sparadrap qui leur colle aux crampons depuis trop longtemps : celui de leur série de non-victoire en déplacement. L’Union n’a plus ramené trois points en championnat d’un voyage depuis le 1er novembre et le succès 1-4 à Zulte. Un « sept-à-la-suite » qui fait tache. Bien sûr, gagner au Stayen ne serait la garantie de rien du tout. Pour rappel, l’équipe de Pocognoli avait terminé la phase classique en s’inclinant à Genk, la saison passée, avant des playoffs majestueux. Mais le faire avec la manière, en démarrant fort, claquerait comme un message envoyé aux concurrents des Champions Playoffs.