Ecarté fin juillet, l’un des cadres de son équipe, Roger Alford, avait dénoncé, en août, le fonctionnement du gouvernement Trump, sous influence, selon lui, d’intérêts privés. Il avait évoqué une « bataille » au sein du ministère de la Justice, dont certains membres menaçaient, à son avis, son « intégrité ».
Roger Alford s’en était notamment pris publiquement au chef de cabinet de la ministre de la Justice Pam Bondi, Chad Mizelle, accusé de « prendre des décisions clefs selon que la demande vient ou non d’un sympathisant MAGA », slogan de Donald Trump (Make America Great Again).
Parmi les dossiers sensibles, il avait qualifié de « scandale » la volte-face du gouvernement Trump dans le dossier de l’acquisition du spécialiste des réseaux informatiques Juniper Networks par son concurrent HPE.
Après avoir contesté l’opération en justice, début 2025, le ministère de la Justice a passé un accord amiable avec les deux sociétés, moyennant quelques cessions d’actifs.
« La ‘politique’ du gouvernement Trump en matière de concurrence est celle d’un système à vendre, orchestré par les lobbies », a commenté, dans un communiqué, Matt Stoller, de l’organisation antitrust American Economic Liberties Project.
Il a mentionné le dossier Live Nation, géant de l’organisation de spectacles et de la billetterie, poursuivi par le DOJ pour pratiques anticoncurrentielles et dont le procès civil doit s’ouvrir le 2 mars.
Immédiatement après l’officialisation du départ de Gail Slater, le cours de l’action Live Nation a bondi et prenait plus de 3% vers 17H00 GMT (18H00, heure de Bruxelles).
Pour Matt Stoller, c’est le signe que Wall Street s’attend désormais à une transaction de nature à éviter un procès.