Chaque fin d’exercice budgétaire, le Department of Defense se livre à une frénésie de dépenses qui intrigue autant qu’elle inquiète. En septembre dernier, en l’espace de seulement cinq jours, l’institution américaine aurait engagé plus de 93 milliards de dollars dans des achats parfois surprenants : donuts, iPads, homards ou encore mobilier de bureau.

Loin de répondre à des besoins stratégiques urgents ou à des impératifs militaires, ces dépenses s’inscrivent dans une logique bien particulière du système budgétaire fédéral américain. Aux États-Unis, les agences gouvernementales doivent utiliser les fonds alloués avant la fin de l’année fiscale, fixée au 30 septembre. Faute de quoi, les sommes non dépensées sont reversées au Trésor — avec le risque de voir les budgets réduits l’année suivante.

Ce mécanisme, souvent résumé par l’expression « use it or lose it », incite les administrations à accélérer leurs achats en fin d’année, parfois au détriment de la pertinence des dépenses. Le Pentagone, qui dispose du budget le plus important de l’administration fédérale, n’échappe pas à cette règle. Bien au contraire : il en est l’illustration la plus spectaculaire.

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Parmi les achats recensés figurent ainsi des commandes massives d’équipements informatiques, mais aussi des dépenses plus inattendues, comme des produits alimentaires haut de gamme ou des fournitures non essentielles. Si certaines acquisitions peuvent s’expliquer par des besoins logistiques ou des renouvellements de matériel, d’autres soulèvent des questions sur l’efficacité de la gestion des deniers publics.

Des experts en finances publiques dénoncent régulièrement ces pratiques, estimant qu’elles favorisent le gaspillage et biaisent la planification budgétaire. En gonflant artificiellement leurs dépenses en fin d’année, les agences donnent l’impression d’avoir besoin de budgets toujours plus élevés, ce qui alimente une spirale difficile à enrayer.

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