Le coût des parlements en Belgique dépasse le demi-milliard d’euros en 2026
Un seul Parlement a décidé de ne pas diminuer la rémunération des députés(e) s qui y siègent de 5 %, il s’agit du Parlement wallon. La Libre a donc interrogé la présidence du Parlement wallon pour savoir pourquoi la décision était différente en Wallonie.
« En ce qui concerne la retenue de 5 % appliquée à l’indemnité parlementaire mensuelle, il convient de souligner que la situation du Parlement de Wallonie ne peut être assimilée à celle du Parlement fédéral, répond la greffière ad interim, Sandrine Salmon. Parce que d’une part, s’ajoute à la cotisation personnelle pour la Caisse de retraite − retenue de 8,5 % sur l’indemnité parlementaire − une retenue complémentaire équivalente à 1 % de l’indemnité parlementaire. »
Mais ce n’est pas tout, une autre justification est avancée. « Les députés wallons sont soumis, au contraire des députés fédéraux, à l’article 24 bis, § 6, de la loi spéciale de réformes institutionnelles qui limite très strictement la possibilité de cumuler le mandat de parlementaire avec un mandat exécutif local. La retenue pratiquée au Parlement de Wallonie tient donc compte d’une situation différente en matière de cumul. »
Des dépenses « très concrètes »
Une autre rémunération était mise en évidence dans notre dossier : les frais forfaitaires octroyés à chaque député(e). Ceux-ci sont nets d’impôts et représentent 28 % de l’indemnité parlementaire, soit 2 649,88 euros par mois. Le parlementaire, de surcroît, ne doit rendre aucun justificatif pour toucher cette indemnité forfaitaire.
La question de la justification de cette indemnité aurait pu être posée à d’autres Parlements, mais on peut penser que les réponses seraient les mêmes que celles fournies par le Parlement wallon. Précisons d’ailleurs que le PTB a récemment demandé à la Chambre que l’avantage fiscal lié à ce montant soit supprimé, et que ces frais soient donc soumis à l’impôt.
Voici la rémunération complète des parlementaires belges
Au Parlement wallon, en tout cas, on justifie la chose de cette façon. « Cette enveloppe permet de couvrir des dépenses très concrètes, inhérentes à la fonction qui implique une présence sur le terrain, un travail de représentation et une gestion administrative », indique la greffière.
Logiciels, revues, conférences, etc.
Notre interlocutrice précise la nature de ces frais. Ils servent « à financer les frais de représentation et frais divers − frais d’équipements, logiciels, ouvrages et revues, frais liés aux visites de terrain ou à la participation à des colloques et conférences, etc. ; les frais de bureau (location, entretien, chauffage, éclairage, mobilier, assurances, …) ; les frais de communication ; les frais de déplacements (à l’exclusion de ceux remboursés par le Parlement pour les réunions parlementaires) ; la prise en charge de certains frais exposés par les collaborateurs (les députés étant les employeurs) ; etc. »
Elle conclut que cette « indemnité pour frais exposés s’inscrit donc dans un cadre légal et fiscal qui permet aux députés d’exercer leur mandat ».