Bruxelles est truffé de lieux de pouvoirBruxelles est truffé de lieux de pouvoirBruxelles est truffé de lieux de pouvoir ©DR

« Le 20 août à 20 heures tapantes, je lis mon texte devant une petite dizaine d’invités avant de boire du champagne et de fumer le cigare, affirme-t-il. Dès le mois de mai, je cogite l’idée. En juin, je me mets en écriture de manière invariable de 16 à 18 h et de 23 h à 1 h du matin. En août, je peaufine. »

À 73 ans, il n’a aucunement l’intention de prendre sa retraite. Il continue à donner cours d’éducation aux médias pour un certificat interuniversitaire et il est toujours présent sur LN24 pour « Les visages de la recherche « .

« J’adore mettre en valeur des gens qui restent souvent dans l’ombre. Les chercheurs sont de vrais artistes. Ils ont des personnalités hors normes totalement obsédées par leur job. »

Parallèlement, il bosse sur un projet de thriller politique qui devrait être tourné l’été prochain à Liège. Bref, il bosse le Vrebos. D’autant plus qu’il vient de sortir un livre « Bruxelles : pouvoirs « (aux 180 degrés éditions). Un petit livre instructif sur les lieux de pouvoir disséminés dans la capitale.

Que sa cache-t-il derrière les belles façades ?

« Bruxelles possède un concentré d’endroits où les différents pouvoirs s’exercent. Prenez le Berlaymont où se croisent politiciens, bureaucrates, lobbyistes qui décident pour 450 millions de personnes. Le pouvoir européen se déplace parfois vers la place du Luxembourg où les établissements Horeca regorgent de réunions plus ou moins discrètes… »

Même les vitres de la Sûreté de l’Etat sont opaques…

Les restaurants et les hôtels s’érigent aussi comme des lieux où le futur peut se dessiner.

« La première rencontre entre Didier Reynders, président du MR, et Bart De Wever, à l’époque pestiféré de la N-VA (comme quoi le temps fait son œuvre) a eu lieu Chez Bruneau au premier étage à Ganshoren. »

Ce n’est pas tellement une question de la qualité des plats servis qu’un terrain neutre moins formel qu’une salle de réunion. Ils pointent tous ces endroits qui charrient le mystère et donc parfois des fantasmes.

« Même le bâtiment qui abrite la Sûreté de l’État affiche des vitres opaques. On n’en parle pas souvent mais l’Annonciature développe la diplomatie du Vatican. Certains rois en étaient comme Baudouin Ier. »

Rarement impressionné par un lieu ou une personnalité, Pascal Vrebos continue de pointer le Palais royal comme LE lieu de pouvoir par excellence.

« Cela reste le joyau de la couronne. La puissance du colloque singulier est intacte. Le roi sait tout puisqu’on peut tout lui dire sans que cela transpire à l’extérieur. C’est l’homme le mieux informé du royaume… Il a d’ailleurs tissé une belle relation avec Bart De Wever qui fait bien son job de Premier ministre. Ils travaillent en confiance, cela se voit. »

Négociations fédérales : les partis de l’Arizona sont-ils prêts à former un gouvernement ?Négociations fédérales : les partis de l’Arizona sont-ils prêts à former un gouvernement ?Lors des colloques singuliers (notamment avec le Premier ministre Bart De Wever), ses interlocuteurs peuvent parler librement

Afin d’aller plus loin, nous avons soumis un questionnaire où le mot pouvoir s’invite. Les réponses sont parfois étonnantes.

1. Le pouvoir est-il encore en Belgique ?

Bart De Wever a frappé un grand coup lorsqu’il a fait plier l’Europe sur la saisie des avoirs russes. Le pouvoir n’est pas mort.

2. Les politiques ont-ils encore le pouvoir dans notre pays ?

Cela fait longtemps qu’un gouvernement fédéral n’a plus autant l’occasion de faire changer les choses. Ils ont lancé de solides réformes.

3. Avez-vous eu le sentiment en tant qu’homme de télévision d’avoir eu du pouvoir ?

Celui de mener un débat et d’en choisir les interlocuteurs et le sujet. Au cœur du débat, j’avais le loisir de distribuer la parole tout en restant très rigoureux.

4. Le politique le plus compliqué à interviewer ?

J’ai toujours posé les questions que je voulais sans agressivité mais en étant tenace. Quand on ne répond pas, j’y reviens… Certaines réactions sont parfois inattendues comme lorsque j’ai demandé à Pieter Timmermans, le patron de la FEB, quel était son salaire.

5. Quel homme politique n’avez-vous jamais réussi à interviewer ?

BDW ! Il n’est jamais venu malgré 85 invitations. Son excuse ? Il ne parlait pas assez bien le français…

6. Le lieu de pouvoir qui vous impressionne le plus ?

Le Palais d’Egmont.

7. L’homme politique qui vous a harcelé pour venir?

J’ai toujours choisi mes invités.

8. Le pouvoir que vous auriez aimé avoir

Celui de la fiction me plaît bien. Emmener les lecteurs par l’écriture. Je pense aussi que j’aurais bien aimé être avocat.

9. Pourquoi le restaurant est-il un lieu de pouvoir ?

Les discussions s’y passent différemment. La table n’est pas celle d’une réunion. Ajoutez-y le repas qui s’intègre comme un entracte. Sans parler du plaisir de la table et de la convivialité. Quand je pense qu’un ministre (NdlR : Frank Vandenbroucke) se contente de manger une pomme…

Vice-prime minister and minister and minister of Public Health and Social Affairs Frank Vandenbroucke pictured during a plenary session of the Chamber at the federal parliament, in Brussels, Thursday 12 March 2026. BELGA PHOTO EMILE WINDALVice-prime minister and minister and minister of Public Health and Social Affairs Frank Vandenbroucke pictured during a plenary session of the Chamber at the federal parliament, in Brussels, Thursday 12 March 2026. BELGA PHOTO EMILE WINDALCertains restaurants ont été et sont encore des lieux de pouvoir ©Belgaimage

10. Quel est le client politique idéal pour une interview ?

Celui qui répond à mon invitation et qui accepte de répondre aux questions.