Pour sa première derrière la caméra, Ahmed Sylla n’a pas à rougir de son coup d’essai, même si « L’infiltrée » manque de rythme et de précision.

Le synopsis 

Maxime travaille au service technique de la police mais rêve d’intégrer le prestigieux service d’infiltration. Las ! Il échoue à chaque concours. À la suite d’un concours de circonstances (et surtout d’une bévue de notre anti-héros), il est le seul à pouvoir intégrer un réseau de narcotrafic dirigé par un très méchant. Mais comme celui-ci est exclusivement entouré de femmes, Maxime doit devenir Lupita…

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La critique de Paris Match (2/5)

Il n’était pas prévu qu’Ahmed Sylla mette en scène ce film écrit par Daive Cohen qui lui-même n’est pas réalisateur mais scénariste. On imagine très bien le problème qui s’est posé : on a un script, on a le casting, ne manque plus que celle ou celui qui dirigera. Or, en France, les cinéastes qui acceptent de filmer ce qu’ils n’ont pas écrit se comptent sur les doigts d’une main amputée de quelques phalanges. Alors on colle une bonne équipe à la tête d’affiche qui se retrouve devant et derrière la caméra et roule ma poule ! Et pour le coup, ça roule plutôt pas mal : les scènes d’action sont bien menées, il y a de quelques plans audacieux et on savoure même du split-screen (l’écran divisé en plusieurs images).

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Mais aussi bien intentionné, motivé et talentueux soit Ahmed Sylla, décidément très drôle et crédible quand il se travestit, il a trop le nez dans le guidon pour voir, et du coup éviter les soucis de rythme qui freinent le comique de son premier long-métrage. Démonstration par l’exemple : le méchant (incarné avec une belle auto-dérision par Kaaris) est un « Jean-Michel à moitié » de l’ultimatum. Idée hilarante à condition de ne pas laisser traîner l’échange avec l’interlocuteur. Ça se joue à pas grand-chose : une ou deux secondes, mais c’est ce micro laps de temps en trop qui tue le gag. Pareil avec le tandem Michelle Laroque-Amaury de Crayencour dans la peau de la chef draconienne qui n’a de cesse d’humilier son subalterne. Là, ça manque non seulement de punch dans les échanges mais également dans les répliques.

La comédie est au cinéma ce que la précision est à l’horlogerie et c’est bien pour cela que le genre nécessite un travail colossal en amont et en aval. Et il est clair que sur « L’infiltrée », il manquait quelques caciques spécialisés pour aider Ahmed Sylla dans sa tâche. Il n’a toutefois pas à rougir de son coup d’essai dont les qualités évoquées plus haut sont autant de promesses pour une deuxième chance. À suivre, donc.

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De et avec Ahmed Sylla. 
Avec aussi Michelle Laroque, Kaaris, Sandra Parfait…