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Pour Patrick Sébastien, 74 ans, c’est une manière de renouer avec l’univers qui l’a vu naître. Avant d’être une star de la télévision, il a bâti sa carrière dans les salles de spectacle, les bistrots et les cabarets, mêlant humour, chanson populaire et générosité. Son émission « Le Plus Grand Cabaret du monde » a rythmé les soirées de millions de Français pendant deux décennies, mettant en lumière des artistes du monde entier.
Aujourd’hui, face à un contexte personnel et professionnel plus complexe, l’ancien animateur choisit de revenir aux sources, loin des plateaux et des audiences télévisées. Sur son compte Instagram, il a dévoilé une première vidéo du lieu sélectionné pour son nouveau cabaret. On y voit une bâtisse historique située à La Chapelle‑aux‑Brocs, une petite commune corrézienne, avant et pendant les travaux. Le contraste est saisissant, d’un édifice vide, il passe à un chantier vivant, plein d’énergie.
Dans la légende de la vidéo, Patrick Sébastien a commenté : « C’est parti… Les premières images du lieu avant transformation, et les tout premiers coups de travaux pour ce qui deviendra bientôt le plus petit cabaret du monde. Un endroit chargé d’histoire qui commence une nouvelle vie… Et ce n’est que le début. La suite arrive très vite ».
Une nouvelle revue baptisée Transformia
Ce nouveau cabaret ne sera pas seulement une salle de spectacle traditionnelle. Selon les informations partagées par l’équipe du projet, il accueillera une revue originale intitulée Transformia. Sébastien promet un spectacle inédit, résolument moderne, mêlant humour, musique, magie et arts vivants, une manière de faire vivre l’esprit festif et populaire qui a toujours caractérisé son travail.
Le choix de la Corrèze n’est pas anodin. C’est dans cette région du Limousin que Patrick Sébastien puise ses racines. S’y établir pour son nouveau cabaret représente autant un retour aux origines qu’un symbole de résistance à l’uniformisation culturelle. Le lieu devrait offrir un espace d’évasion et de partage, fidèle à l’esprit du cabaret populaire français, dans un paysage souvent dominé par les grandes salles urbaines.

©D.R.Une réponse aux polémiques et aux critiques
Ce projet arrive alors que Patrick Sébastien traverse une période tendue dans sa vie médiatique. Depuis son départ de France Télévisions, qu’il a souvent qualifié d’injuste, les relations avec la chaîne publique sont restées compliquées. La situation s’est encore aggravée récemment avec la diffusion d’un portrait dans « Complément d’enquête », que l’animateur a jugé « à charge », estimant que certains éléments avaient été mal présentés ou sortis de leur contexte.
Par ailleurs, une affaire judiciaire l’a placé sous le feu des projecteurs pour des raisons très différentes. Après une représentation estivale en 2025 dans un camping naturiste du Cap d’Agde, il fait l’objet d’une enquête préliminaire pour exhibition sexuelle, ouverte par le parquet de Béziers. Cette enquête, relayée par « Complément d’enquête », concerne une scène filmée où une spectatrice semble mimer un acte sexuel au cours du spectacle. Selon les vidéos diffusées, la situation aurait eu lieu dans un cadre mêlant humour et interaction avec le public, mais elle a suscité une vive polémique et une réaction judiciaire, la classification d’un tel acte pouvant être passible de sanctions pénales en droit français.
Face à ces remous, le projet de cabaret apparaît comme une manière de faire bouger les lignes. En revenant au contact direct du public, loin des plateaux télé et des controverses médiatiques, Patrick Sébastien mise sur l’essentiel : l’art du spectacle vivant.
Une légende du divertissement qui se réinvente
Depuis ses débuts, Patrick Sébastien a incarné une forme de joie populaire. Ses émissions, comme Le Plus Grand Cabaret du monde ou Les Années Bonheur, ont rassemblé des générations autour du rire, de la chanson et des numéros de cirque.
Avec Transformia et le « plus petit cabaret du monde », il veut maintenant écrire un nouveau chapitre. Dans un lieu intime, en Corrèze, il espère redonner au public l’envie de se rassembler, d’applaudir, de rire et d’être surpris. Un pari audacieux, peut‑être même un pari de cœur, qui pourrait bien marquer une seconde vie artistique pour une figure qui, depuis toujours, a fait de la fête et du partage l’essence de son art.