Après une longue enquête, il a été décidé d’également punir les derniers maillons de la chaîne, à savoir les utilisateurs du boîtier.

« Au cours de l’enquête, une vingtaine d’utilisateurs de ce service illicite ont été identifiés, entendus, puis soumis à une mesure de composition pénale aboutissant à des amendes comprises entre 300 et 400 euros » écrit la LFP.

Un premier gros coup mais qui ne devrait pas être le seul puisque d’autres enquêtes sont en cours, indique le procureur d’Arras.

Les 115 000 abonnés IPTV identifiés pourraient recevoir une amende très salée à six chiffres !Quid de la Belgique ?

Le cas de la Belgique pose alors question. Pour le moment, les autorités se sont concentrées sur les « gros poissons » en visant les fournisseurs et revendeurs plutôt que les utilisateurs.

Et ce n’est pas par manque d’informations. En septembre dernier, 115 000 utilisateurs avaient été identifiés.

Il est en droit de se demander si la stratégie française de punir les propriétaires du boîtier ne pourrait pas devenir la norme pour lutter contre le piratage.

Comme le relaie Sudinfo, pour le Head of Marketing & Business development chez Dazn, Benoit Cordemans, les amendes françaises reflètent une tendance européenne globale. « De manière globale, ça montre que les différentes instances sont occupées à bouger partout en Europe. »

Il y a quelques années, l’Espagne également sanctionné des utilisateurs ce qui appuie cette tendance européenne.

Streaming, IPTV illégale, culture du tout gratuit : la télé de papa est-elle condamnée ? « Non, mais menacée, oui, à moyen terme… »« Plusieurs plans »

Pour Cordemans, il faut une réponse multiple et coordonnée pour lutter contre la complexité du piratage moderne. Il insiste sur le fait d’agir « sur plusieurs plans ».

Premièrement sur le plan technique, en mettant les moyens sur des outils qui permettent d’identifier et de protéger les contenus.

Mais également sur le plan judiciaire, avec moyens législatifs plus agiles comme des injonctions dynamiques de blocage.

Les derniers résultats montrent que viser uniquement la source de diffusion, ce n’est pas assez. « Travailler sur la technique, sur la source du contenu n’est pas suffisant. Parce qu’il y a une espèce de sentiment d’impunité totale des utilisateurs. »

C’est là où le modèle français fait la différence. Sanctionner les utilisateurs pourrait être le déclic pour faire changer les mentalités. « Le consommateur doit être responsable de ses actes aussi ou au minimum conscient. Peut-être qu’arriver là amènerait une conscience du consommateur un peu plus grande sur l’acte qu’il pose en consommant du contenu illégal » ajoute Cordemans.

L’exemple français doit-il être suivi en Belgique ? « Effectivement, c’est une piste que le gouvernement et les instances judiciaires doivent explorer pour le futur. Je pense qu’il est intéressant de la creuser comme un levier supplémentaire dans la lutte contre le piratage » conclut-il.