« On s’est développé à l’Ouest ces dernières années, vers l’Amérique, mais on a délaissé l’Asie ».

Carsten Spohr abonde dans le même sens. « J’ai discuté avec quelqu’un qui devait se rendre à Manille aux Philippines et qui s’étonnait qu’il n’y ait aucune compagnie européenne pour l’y emmener. On s’est développé à l’Ouest ces dernières années, vers l’Amérique, mais on a délaissé l’Asie. Pas par envie, mais parce qu’on fait face, sur ces marchés, à des compagnies qui nous font une concurrence déloyale et avec lesquelles nous pouvons difficilement rivaliser ».

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Cette concurrence « déloyale » proviendrait, selon lui, non seulement des « avantages » dont les transporteurs du Qatar ou des Émirats bénéficient, mais aussi des « fardeaux », notamment en matière de taxes environnementales que « s’inflige » l’Europe.

« Nous avons laissé notre souveraineté sur certains marchés et on en voit les conséquences aujourd’hui, poursuit le patron allemand. Les Américains n’accepteraient jamais une telle situation. Pour eux, c’est une priorité de ne pas être dépendants sur leurs lignes internationales ».

Depuis que les compagnies du Golfe sont « hors jeu », il y a une fenêtre d’opportunité, d’après M. Spohr, pour les transporteurs européens. « Récemment nous avons mis 40 vols supplémentaires depuis l’Europe vers l’Asie et nos avions étaient complets en un jour. »

Pas de hausse des prix des billets, sauf…

Les grands groupes européens ont par ailleurs expliqué ne pas craindre, du moins à court terme, les flambées des prix pétroliers. Tous affirment avoir une bonne couverture sur leur kérosène, au moins jusqu’à la fin de l’année. Ce qui n’a pas empêché Air France-KLM d’annoncer une hausse de 50 euros (aller-retour) sur tous ses vols long-courriers en raison de cette hausse des carburants.

Notons enfin que l’association s’en prend à l’obligation faite aux compagnies européennes d’intégrer 1,2 % de carburant synthétique dans les réservoirs de leurs avions à l’horizon 2030. « C’est intenable, ce carburant synthétique n’existe quasiment pas », insiste les leaders des grandes compagnies qui veulent faire postposer, voire annuler cette obligation.