Agressé, un gardien de prison s’en prend directement à De Wever et Verlinden : « Il ne faudra pas s’étonner que le système finisse par céder »

« À l’époque, jusqu’à 36 mois, les détenus bénéficiaient déjà d’un bracelet électronique. On assiste ici à un rétropédalage de la part des ministres Arizona », observe un gardien de prison expérimenté.

Selon lui, le débat porte trop sur l’aménagement des courtes peines et pas assez sur la vision à long terme, à savoir la réinsertion, qui n’est pas abordée dans l’accord. « Actuellement, un détenu qui sort est trop souvent livré à lui-même. Il n’a pas de job, souvent pas de logement, se retrouve dans le besoin ou à la rue, refait une connerie et retourne en prison. Il faut un travail sur le fond, sans quoi c’est le serpent qui se mord la queue. »

Quid de la réinsertion ?

Une série de mesures existent pour accompagner les détenus en fin de peine en vue de leur réinsertion, mais faute de personnel, les dispositifs (salles de cours, activités de préparation à la sortie) sont loin d’être pleinement exploités.

Trois agents de la prison de Haren agressés par un détenu qui voulait se taillader

Autre piste pour désengorger les prisons : limiter le recours à la détention préventive. « La Belgique est l’un des pays où l’on met le plus de personnes non condamnées derrière les barreaux, ce qui contribue de manière notoire à la surpopulation », souligne Didier Breulheid, délégué permanent des établissements pénitentiaires (CSC).

Quelle faisabilité ?

Un travail titanesque attend désormais les greffiers des prisons, qui devront analyser chaque dossier individuellement pour déterminer quels détenus remplissent les conditions d’un placement sous bracelet électronique. Une centaine de détenus concernés est évoquée.

La balle est aussi dans le camp de la ministre des maisons de justice, Valérie Lescrenier, chargée des bracelets électroniques. Contactée, elle se dit prête à « soutenir le fédéral dans la gestion de la surpopulation carcérale », tout en posant ses conditions : « Il ne peut y avoir de transfert de charges sans transfert de budget. »

« Comme je l’ai toujours indiqué, nous sommes bien évidemment prêts à soutenir le fédéral dans la gestion de la surpopulation carcérale. On doit contribuer à une solution juste, efficace et conforme au droit et à la convention européenne des droits de l’homme. À ce stade, nous n’avons pas de commentaires supplémentaires à formuler concernant les chiffres ou le calendrier », ajoute la porte-parole de la ministre.

Par ailleurs, la loi d’urgence est prolongée jusqu’à la fin de l’année 2027. Elle devait normalement prendre fin en 2026. Cette prolongation signifie que les condamnés à une peine d’emprisonnement de moins de trois ans pourront quitter la prison six mois avant la fin de leur peine.

La confirmation de l’accord est attendue au conseil des ministres ce vendredi.