« Terrorisme juif »
Selon lui, les violences et actes criminels commis par ces colons extrémistes, que de plus en plus d’autorités en Israël qualifient de « terrorisme juif », mettent à mal la sécurité d’Israël. Surtout à un moment où « l’État et l’armée sont au milieu d’une campagne multifronts historique et inédite contre le régime terroriste iranien et ses mandataires à travers la région ».
« Il est inadmissible que, durant une guerre sur plusieurs fronts, Tsahal soit contrainte de faire face à une minorité menaçante venue de l’intérieur, a-t-il déclaré. Ce sont des émeutiers qui ne représentent pas le mouvement de colonisation. Au contraire, ils mettent en péril ce mouvement, la sécurité et la stabilité, ainsi que nos valeurs en tant que peuple et en tant qu’État. »
Quelle est cette décision sans précédent d’Israël qui va faire mal aux Palestiniens? « Beaucoup ne seront pas en mesure de fournir ces documents »Plus de mille morts
Les violences dans ce territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 ont fortement augmenté depuis l’attaque inédite du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Et elles se poursuivent malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, qui a figé la guerre dans la bande de Gaza après deux ans d’hostilités.
Au total, plus de mille Palestiniens de Cisjordanie ont été tués, dont de nombreux combattants mais aussi des civils (y compris plus de deux cents enfants), par des soldats ou des colons israéliens en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza. Dans le même temps, au moins 45 Israéliens, civils et soldats, ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d’opérations militaires israéliennes dans ce territoire.
En Cisjordanie, une famille palestinienne décimée par des tirs israéliens : « Quand les balles se sont tues, j’ai ouvert la porte de la voiture… »Violence coordonnée
Les attaques de colons visent en particulier à nuire à la présence palestinienne en Cisjordanie occupée, à la décourager de rester, voire à s’approprier des terres. Elle est attisée par des déclarations et des décisions du gouvernement Netanyahou, et parfois entretenue par l’attitude passive de l’armée.
« La violence des colons s’est poursuivie de manière coordonnée, stratégique et largement impunie, les autorités israéliennes jouant un rôle central », souligne d’ailleurs un rapport du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’Onu, présenté mardi.
La situation en Cisjordanie occupée inquiète aussi le monde musulman. Le mois dernier, huit pays où l’islam est majoritaire (dont l’Arabie saoudite, le Qatar et l’Égypte) avaient condamné les mesures prises par Israël visant à imposer « une nouvelle réalité juridique et administrative » afin d’étendre son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Une mesure dénoncée aux quatre coins de la planète comme une manière détournée de procéder à des expulsions de Palestiniens. Celles-ci pouvant s’apparenter à des « transferts de population », soit un crime de guerre.