Invité du podcast Aura, le nouveau format imaginé par Audrey Crespo-Mara, Jean Dujardin s’est confié, ce mardi 17 mars sur TF1+, avec franchise et recul. Pendant près de 47 minutes, l’acteur oscarisé en 2012 est revenu sur les grandes étapes de sa carrière, ses projets à venir, mais aussi sur son regard, aujourd’hui profondément nuancé, sur certaines œuvres qui ont marqué le public français. Parmi elles, la série culte Un gars, une fille, qui l’a révélé au grand public aux côtés d’Alexandra Lamy, occupe une place à part. Une place teintée de nostalgie, mais aussi de lucidité.

Une œuvre culte confrontée à son époque

Lorsque Audrey Crespo-Mara l’interroge sur ce qui pourrait lui « manquer de l’humour d’avant », en évoquant Un gars, une fille, Jean Dujardin ne cherche pas à embellir le passé ni à céder à une nostalgie facile. Bien au contraire. L’acteur affirme sans détour que la série, telle qu’elle existait à la fin des années 1990 et au début des années 2000, ne pourrait tout simplement plus voir le jour aujourd’hui.

« Ça ne serait plus possible », tranche-t-il. Une déclaration forte, qui résume à elle seule l’évolution profonde des mentalités et des sensibilités sociétales. À travers les saynètes du quotidien de « Chouchou » et « Loulou », la série reposait en grande partie sur des caricatures de la vie de couple, souvent construites autour de clichés de genre. Des ressorts comiques qui, à l’époque, faisaient mouche, mais qui seraient désormais soumis à un regard bien plus critique.

Une société qui évolue

Jean Dujardin en est pleinement conscient : le contexte a changé, et avec lui, la manière de raconter certaines histoires. « Avec la vision du monde d’aujourd’hui, les saynètes ne passeraient plus », explique-t-il. L’acteur insiste néanmoins sur un point essentiel : ces scènes étaient pensées comme des caricatures, des exagérations destinées à provoquer le rire.

« Je pense qu’elles existent encore dans certains couples », nuance-t-il. « L’homme joue un peu l’alpha, la femme joue un peu autre chose ». Une analyse qui montre qu’il ne renie pas totalement la mécanique comique de la série, mais qu’il reconnaît en même temps ses limites à l’aune des standards actuels.

Ce décalage entre l’époque de création et la réception contemporaine est particulièrement visible dans certains sketchs aujourd’hui jugés sensibles. L’acteur cite notamment des séquences où son personnage adoptait des attitudes homophobes, qui seraient désormais perçues comme problématiques. « Je suis tombé sur un épisode et je me suis dit : « Non, mais on n’écrirait plus du tout Un gars, une fille », confie-t-il.

Pour Jean Dujardin, la conclusion est sans appel : un retour de la série, ou même une adaptation dans l’esprit original, est tout simplement impensable. « Au lieu de faire trente sketchs dans la semaine, on en ferait deux et encore, on se poserait les questions », observe-t-il avec lucidité.

Le comédien va plus loin en élargissant sa réflexion à l’ensemble des rapports humains tels qu’ils étaient représentés à l’époque. « C’est impossible, le rapport homme-femme, enfin sur tout… c’est la fin des années 1990. Ça a tellement bougé et heureusement d’ailleurs », affirme-t-il. Une phrase qui souligne à la fois l’ampleur des transformations sociétales et le regard positif qu’il porte sur ces évolutions.

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