« Tout est vide »

« Je suis allé faire un tour et la salle du bas est complètement vide, les tables ont disparu et les cuisines semblent vides », commente Philippe. Un mot sur la porte d’entrée indique « Le restaurant est fermé jusqu’à nouvel ordre ».

Par SMS

Sabrina, elle, a prévu de se marier le 16 mai. « J’ai mis un an à tout organiser, tout était bouclé, et maintenant on repart à zéro », s’insurge-t-elle. « C’est un homme dans le bureau où je travaille qui m’a dit qu’un collègue à lui, plongeur au Bistronome, venait de recevoir son C4 par SMS », relate-t-elle. « Je n’y ai pas trop fait attention, j’ai pensé qu’il ne convenait pas pour le job, mais ensuite j’ai vu les messages sur les réseaux et ça fait une semaine que je tente de joindre le gérant, qui a pris la poudre d’escampette », ajoute la future mariée. Sabrina a versé un acompte de 4800 euros le 7 mars et, jeudi matin, elle a reçu un message signé du Bistronome lui signifiant « la faillite ».

« Heureusement, un véritable élan de solidarité s’est formé autour de nous et des traiteurs, des brasseurs, des restaurateurs nous ont contactés pour nous proposer leurs services… et un prix dans notre budget », conclut-elle.

Gwendoline, elle, a versé un acompte le 3 mars pour un baptême le 7 juin… malgré, selon nos informations, une saisie des lieux en février.

Des propriétaires des lieux « abasourdis »

Les propriétaires du bâtiment, qui ont vendu leur fonds de commerce il y a deux ans, tombent également des nues. Le couple regrette cette situation et l’assure : « Nous ferons le maximum pour trouver une solution pour toutes les personnes qui ont réservé la salle ». « Les propriétaires sont les seuls qui s’inquiètent de la situation, insiste Raphaël. Ils ne sont en aucun cas responsables et malgré tout, ils nous proposent d’occuper les lieux gratuitement, ou encore de nous faire payer les services à prix coûtant. Ce sont vraiment de bonnes personnes ».

À l’heure d’écrire ces lignes, le gérant mis en cause n’a pas encore réagi à nos sollicitations. Sabrina et une dizaine d’autres victimes envisagent d’aller porter plainte.