💔 C’est officiel, Altered TCG s’arrête ! Pourquoi le jeu de cartes français a-t-il coulé après son record Kickstarter ? On vous explique ça ici.
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Altered : Fin de partie
⚠️ Avertissement : Dans un souci de transparence envers notre communauté, nous tenons à préciser que cet article reflète notre opinion personnelle sur le jeu. Nous n’avons reçu aucune contrepartie de la part de l’éditeur du jeu. Nous avons acquis et testé le jeu de façon indépendante, sans lien commercial avec son éditeur. Les avis présentés ici représentent notre analyse honnête et impartiale du jeu, basée sur notre propre expérience.
L’essentiel en 3 points :
Equinox annule le Set 6 de son TCG Altered, faute d’avoir atteint les 2 M€ vitaux, signant la fin officielle du jeu.
Le modèle « phygital » en retard et le départ d’Asmodee ont ruiné le marché secondaire et fait fuir les boutiques.
Si les remboursements de la dernière campagne arrivent, la survie de vos collections digitales et des serveurs est menacée.
Comment un jeu qui lève 6,2 millions d’euros peut-il fermer boutique 18 mois plus tard ?
Vous l’avez vue passer, cette info qui fait l’effet d’une douche froide ? Mercredi 18 mars. Le couperet est tombé, net et sans bavure. Altered, c’est terminé. Rideau.
Le TCG français qui devait tout retourner, et qui avait littéralement explosé tous les compteurs sur Kickstarter en 2024 avec plus de 6 millions d’euros, vient de débrancher la prise. À peine 18 mois après son arrivée fracassante sur nos tables et dans nos boutiques.
Équinox, le studio parisien piloté par Régis Bonnessée (ancien fondateur et éditeur de Libellud, racheté par Asmodeee), a annulé la campagne Gamefound de sa 6ème extension, Roots of Corruption. Pourquoi ? L’argent. Tout simplement. Il leur fallait 2 millions d’euros pour garantir l’avenir du jeu. Ils ont raclé les fonds de tiroirs, mobilisé les partenaires, et plafonné à 1,1 million. L’équation ne tenait plus.
Franchement, ça fait mal au cœur. Mais… on va pas se mentir, on le voyait un peu venir.
Le mirage du « Phygital »
Sur le papier, Altered avait absolument tout pour plaire. Fini de s’entretuer bêtement avec des points de vie, place à une course pacifique. Des illustrations à tomber par terre (sans IA !), et cette promesse dingue de cartes uniques générées par algorithme.
L’innovation, c’était l’écosystème « phygital« . Vous scanniez vos cartes pour les posséder numériquement. Et vous pouviez utiliser la marketplace officielle pour les échanger. Sauf que cette fameuse marketplace est arrivée avec un gros retard. Huit mois.
Dans le milieu frénétique du jeu de cartes, huit mois, c’est mortel. Et surtout, ce système fermé a totalement braqué les boutiques locales. Impossible pour nos ludicaires de gérer la vente de cartes à l’unité (les fameux singles) sans s’arracher les cheveux. La carte physique ne valait plus un clou : la vraie valeur était accrochée au jeton numérique. Une usine à gaz qui a fini par lasser tout le monde. Nous aussi, un peu, on l’avoue.
Le divorce de trop
Et puis il y a eu la rupture. Fin 2025, Équinox décide de quitter l’immense machine de distribution Asmodee pour gérer la suite en direct via le financement participatif. Sur le moment, on s’est dit « chouette, de l’indépendance ».
Dans les faits ? Un suicide commercial. Demander à sa communauté de sortir des centaines d’euros tous les quatre mois sur Gamefound, pour un jeu dont l’appli peinait à tenir ses promesses… c’était intenable. De 15 000 backers sur le premier Kickstarter, ils sont tombés à environ 1 400 sur la dernière campagne. La chute libre.
David contre les mastodontes
Soyons honnêtes deux minutes. Lancer une licence originale de zéro dans le marché TCG actuel, c’est presque kamikaze.
Les rayonnages des boutiques sont saturés. Magic et Pokémon impriment des billets h24. Et les nouveaux venus qui raflent la mise s’appellent Disney Lorcana ou Star Wars: Unlimited. Ou Riftbound. Face à Dark Vador ou Stitch, l’univers d’Asgartha, aussi poétique soit-il, manquait peut-être d’une base de fans massive pour encaisser les coups durs. D’ailleurs, le jour même où Altered mourait, un nouveau TCG Cyberpunk explosait son record sur Kickstarter avec des millions à la pelle. 9, pour être précis. Ironie cruelle.
Et nos cartes, dans tout ça ?
Au moment où j’écris ces lignes, c’est la panique sur les serveurs Discord. Les contributeurs de la dernière campagne seront remboursés, ça c’est acté. Mais que vont devenir nos collections numériques ? L’appli va-t-elle fermer demain ? Quid de Board Game Arena ? Régis Bonnessée demande « du temps pour digérer ». Traduction : ça sent très fort le sapin pour les serveurs.
C’est toujours un crève-cœur de voir un jeu mourir. Altered a visé la lune, a voulu réinventer la roue, mais s’est brûlé les ailes sur un modèle économique beaucoup trop lourd. Gardez vos cartes précieusement. Elles sont belles, uniques, et racontent l’histoire d’un des projets les plus ouf de sa génération. Altered voulait nous faire « explorer l’inattendu ». Promesse tenue : absolument personne ne s’attendait à ce que le mur arrive si vite !
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