La situation se serait tendue lorsque l’amie de sa fille, pensant avoir oublié son sac de sport dans le bus, aurait tenté de le récupérer avant le départ du véhicule. « Elles ont simplement frappé à la porte pour reprendre le sac, poursuit la maman. Et là, la jeune fille qui était avec le chauffeur serait descendue et aurait insulté ma fille et sa copine, en les menaçant de représailles. Elle leur aurait même dit qu’elles ne pourraient plus reprendre le bus.  »

Un événement qui aurait pu en rester là mais qui a pris une tout autre tournure le lendemain. « Mardi, vers 16 h, ma fille a voulu rentrer comme d’habitude mais ce même chauffeur a refusé catégoriquement de la laisser monter, explique la mère. J’étais en ligne avec elle à ce moment-là et j’entendais le chauffeur lui faire la morale devant tout le monde. J’ai incité ma fille à monter quand même mais le chauffeur lui a refermé les portes au nez et l’a laissée sur le trottoir. »

Sa fille a peur de reprendre le bus

Un comportement qu’elle juge inacceptable :  » Je ne dis pas que ma fille est un ange, loin de là, poursuit-elle. Mais ce n’est pas une raison pour lui interdire l’accès à un bus scolaire surtout qu’elle est en ordre d’abonnement. Il n’y a eu aucune violence, seulement une dispute comme il peut y en avoir entre jeunes. Comment peut-on en arriver là ? « .

La mère dénonce également les conséquences directes de cet incident où elle a été contrainte de quitter son travail pour aller rechercher sa jeune fille.

Depuis, l’inquiétude persiste au sein de la famille. « Ma fille ne sait même plus si elle peut reprendre le bus quand ce chauffeur est là, explique-t-elle. Elle appréhende et ce n’est pas normal qu’un enfant ait peur de rentrer chez lui après l’école. Depuis cet événement, je tente de rentrer en contact avec la société de transport mais mes tentatives restent sans réponse. »

Face à la situation, la maman a décidé de porter plainte à la police. Ce qu’ont fait également les parents de l’amie de sa fille. « J’aimerais vraiment rencontrer ce chauffeur, explique la maman. Son attitude est honteuse et inadmissible. Peu importent les disputes entre jeunes, il n’a aucun droit d’interdire l’accès au bus à ma fille et encore moins de la menacer. »

Affaire prise au sérieux et enquête interne

Face à la situation, le TEC Namur-Luxembourg affirme prendre les faits au sérieux, tout comme son sous-traitant Keolis. Interrogée, la porte-parole du TEC, Nora Sli, insiste sur la volonté de faire toute la lumière sur cet événement. « À ce jour, aucune plainte officielle n’a été déposée auprès du TEC, précise-t-elle, Mais cela ne nous empêche pas d’agir pour comprendre les circonstances exactes. Plusieurs mesures ont déjà été prises puisqu’une équipe de contrôle sera présente dès ce jeudi au départ de la ligne 871 pour observer la situation. Le disque dur du bus sera prélevé pour analyser les images enregistrées. L’objectif est de croiser les éléments disponibles afin de reconstituer précisément le déroulement des faits. »

Du côté du sous-traitant Keolis, la mobilisation est également en cours. « La société va rencontrer le conducteur ce vendredi, indique la porte-parole. Keolis est également entré en contact avec la maman récemment. »

Une équipe de contrôle en cas de problème

Concernant la question du refus d’accès à bord d’un bus, le TEC rappelle un principe fondamental. «  D’emblée, la règle, c’est qu’on ne refuse l’accès à personne, insiste Nora Sli. Il existe cependant des situations spécifiques comme un chien sans muselière ou des objets particulièrement encombrants par exemple. Mais on ne peut pas se baser sur un profil de personne pour refuser l’accès. En cas de problème majeur, les conducteurs ne sont pas livrés à eux-mêmes puisqu’ils peuvent faire appel au dispatching. En cas de situation compliquée, une équipe de contrôle peut intervenir sur place, et dans les cas les plus graves, la police peut être sollicitée. »