Mais tout rebascule il y a quelques années. Alors qu’elle effectue son travail de comptable dans l’entreprise, Marianne reçoit une publicité pour un casino en ligne, et l’addiction revient.
« Maintenant, avec internet, les barrières qui permettent un retour en arrière n’existent plus. Avant, il fallait arriver devant le casino, se garer, pousser la porte. Ces moments permettaient de faire marche arrière. Maintenant tout se passe en un clic, c’est une chaîne sans fin », explique l’avocat de la prévenue.
Lors de sa prise de parole, le procureur du Roi souligne une situation surprenante lue dans son audition. « Madame avoue, mais ce qui est surprenant, c’est qu’elle dit s’être rendue compte que ça n’allait pas. Mais elle patientait en attendant que quelqu’un arrête l’hémorragie. Et maintenant elle se retrouve licenciée et elle vit avec une épée de Damoclès. »
Ce dernier demande à la juge l’application de la loi pénale avec une peine d’emprisonnement assortie à un sursis probatoire qui inclut un plan de remboursement et un traitement pour se sortir des addictions.
De son côté, l’avocat de la prévenue insiste sur la fragilité psychologique dont souffre sa cliente. Elle souffre toujours des conséquences de ses actes. « Le rapport de son psychiatre indique qu’elle prend un mélange d’anxiolytiques et d’antidépresseurs et qu’elle suit une thérapie », précise-t-il. Il souligne également que les procédures en cours ont un impact sur l’état de sa cliente.
Il continue sa prise de parole en demandant à la juge d’éviter la peine d’emprisonnement et suggère un sursis probatoire avec un suivi psychiatrique, une interdiction de fréquenter des lieux liés aux jeux d’argent (casino, site internet, émissions télévisées…). Il demande également que le plan de remboursement soit adapté « dans la mesure des moyens dont dispose ma cliente » précise-t-il.
Le jugement sera prononcé le 16 avril.