Un juge fédéral américain a ordonné mardi la reprise des émissions de la radio publique Voice of America (VOA). Il a également exigé la réembauche de 1042 personnes, qui se trouvaient en congé administratif rémunéré depuis un an.

La décision du juge fédéral intervient dix jours après qu’il a déclaré que la personne choisie par le président américain Donald Trump pour superviser les licenciements massifs à Voice of America (VOA) avait été nommée de manière illégale, invalidant dès lors ces renvois.

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Kari Lake, une ancienne présentatrice de télévision, avait annoncé des coupes drastiques dans les financements et les effectifs de VOA, après avoir été nommée à la tête de l’agence américaine pour les médias mondiaux (USAGM), dont dépendent VOA et ses petites sœurs Radio Free Europe, Radio Free Asia ainsi que d’autres chaînes.

Le juge a également ordonné à l’USAGM de présenter un plan visant à reprendre les diffusions à l’international.

Appel annoncé

Trois employés de VOA qui avaient porté plainte contre la décision de Kari Lake ont salué la décision du juge: «Nous sommes impatients de commencer à réparer les dommages que Kari Lake a causés à notre agence et à nos collègues, de revenir à notre mission confiée par le Congrès et de regagner la confiance de l’audience mondiale que nous n’avons pas pu servir au cours de l’année écoulée», ont-ils déclaré dans un communiqué.

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Voice of America a été créée pendant la seconde guerre mondiale. Aux côtés de Radio Free Europe, lancée pendant la guerre froide et Radio Free Asia, créée en 1996, la radio internationale avait vocation à porter la «voix de l’Amérique» à travers le monde et notamment dans des pays autoritaires. Mais Donald Trump a signé l’année dernière un décret accusant VOA de promouvoir un parti-pris de gauche et anti-américain.

Le gouvernement américain a fait savoir qu’il comptait faire appel de la décision précédente du juge, selon laquelle la nomination de Kari Lake était illégale.