Une opportunité pour un éventuel repreneur comme La Vie Claire ?

Quand nous avons appelé ces différents magasins ce vendredi 20 mars, ils étaient tous ouverts et le personnel était au poste. Malgré nos multiples tentatives, nous n’avons pas réussi à joindre la directrice pour connaître le sort de ces travailleurs et si un repreneur était en approche. Cela pourrait-il être La Vie Claire, le géant français du bio avec ses 350 magasins bien implantés dans l’Hexagone ? L’avenir nous le dira.

Ces travailleurs relèvent désormais de la procédure de faillite. Le curateur désigné par le tribunal de Neufchâteau sera chargé de liquider les actifs de la société et d’établir l’ordre de répartition entre créanciers.

Premier magasin à Bouge en 2001

Rappelons que le premier magasin Biocap avait ouvert ses portes en 2001 à Bouge, (Namur). À cette époque, l’enseigne figurait parmi les pionnières en Wallonie à proposer un large éventail de produits bio en libre-service : pains frais, fruits et légumes, fromages à la découpe, épicerie, produits d’entretien et cosmétiques. Le succès de ce magasin avait entraîné l’ouverture d’un second point de vente en 2006 à Charleroi, un troisième en 2013 à Erpent et, en 2015, une quatrième enseigne s’est implantée à Libramont. La chaîne s’est ensuite étoffée avec un magasin à Arlon.

Elle avait été fondée par Jean-Louis Sohet, Biocap avait reçu le label Biogarantie, et se soumettait aux contrôles réguliers de Certisys, un organisme belge agréé, garant de l’intégrité de la chaîne alimentaire des produits biologiques.

La surface des magasins Biocap variait entre 400 m² et moins de 2 500 m².

Des signaux d’alarme dès 2023

La trajectoire financière de Biocap & Co s’est dégradée progressivement. Selon les derniers comptes annuels déposés à la Banque nationale de Belgique le 31 octobre 2025 et puisés dur Companyweb, le chiffre d’affaires de la société s’élevait à 13 886 933 euros, en recul de 5 % par rapport à l’année précédente. Toujours selon la même source, en 2022, la société affichait encore un bénéfice d’ 1 711 959 euros et des capitaux propres positifs de 4 364 599 euros. Dès 2023, la situation change : perte d’ 1 736 564 euros, puis perte de 2 620 521 euros en 2024, et encore 1 643 423 euros de pertes lors du dernier exercice. Les capitaux propres, qui atteignaient encore 896 530 euros en 2024, sont devenus négatifs à hauteur de -1 243 051 euros lors du dernier bilan, note encore le site Companyweb.

Le chiffre d’affaires a reculé chaque année depuis 2022, passant de 15 866 514 euros à 13 886 933 euros en trois ans.

Concurrence des grands distributeurs ?

La faillite de Biocap & Co n’est malheureusement pas un cas isolé. Le secteur des petits distributeurs bio est compliqué. C’est dû à la fois à la concurrence accrue des grands distributeurs qui offrent des produits bio moins chers et au recul du pouvoir d’achat de certains consommateurs. Les prix du bio dans certaines petites surfaces peuvent refroidir plus d’un client.

L’ex-patron et fondateur du groupe, Jean-Louis Sohet a quitté ses fonctions d’administrateur délégué en mai 2025. Il nous avait expliqué, alors que nous l’interrogions sur la fermeture du magasin Biocap de Marche-en-Famenne en mai 2024 la difficulté de s’implanter dans certaines villes : « On parle de développement durable, d’alimentation saine, du local, etc. mais encore faut-il pouvoir en vivre. »

Ces mots résonnent aujourd’hui comme un avertissement prémonitoire.