À Paris, le dessin maintient sa place sur le marché, porté par les grandes ventes, les foires et une nouvelle génération de marchands. Mais derrière l’éclat des records, les prix s’assagissent. De l’ancien au contemporain, tout un écosystème s’emploie désormais à attirer de nouveaux publics et à relancer le désir.

27,2 millions de dollars. C’est le prix – faramineux – auquel s’est envolée, début février 2026, l’esquisse d’un pied de Michel-Ange proposée à la vente chez Christie’s New York. Un nouveau record pour la maison de ventes, qui, avant cette petite (13,5 x 11,5 cm) étude de pied réalisée par le maitre florentin, avait adjugé pour 22 millions de dollars une étude de nu du même artiste, dans sa succursale parisienne en 2022. Au-delà de ces ventes exceptionnelles, le marché apparaît plus mesuré. « Les ventes de dessins chez Christie’s restent très stables à Paris comme à l’international. Il n’y a pas de mouvement significatif à la baisse ou à la hausse », estime Hélène Rihal, directrice du département des dessins anciens et du XIXe. Les dernières données compilées par Artprice sur les ventes d’œuvres sur papier réalisées par les maisons de ventes françaises semblent cependant plus enthousiasmantes : entre 2020 et 2025, le volume des ventes a bondi de 41,9 %, passant de 20 727 à 29 413 lots vendus. En excluant les ventes exceptionnelles, le produit total des ventes est quant à lui en baisse (-11 % en 2024, -4 % en 2025), suggérant en marché croissant en volume, mais sujet à un tassement des prix.

Un pont vers le passé

Au moment où nous interrogeons Hélène Rihal, Christie’s France prépare deux rendez-vous majeurs consacrés au dessin : la vente de la collection Veil-Picard, ainsi que sa traditionnelle vacation annuelle dédiée à la discipline, où figureront cette année des œuvres de Tiepolo, Carrache, Girodet, Victor Hugo, Eugène Delacroix ou encore Antoine-Louis Barye. Si l’experte juge le marché globalement stable, elle reconnaît qu’il reste soumis à…