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Le volcanique entraîneur portugais a aussi la finale de la Coupe de Belgique en tête, à disputer une semaine plus tard contre Genk. C’est notamment pour cette raison que Mehdi Carcela débute la rencontre sur le banc. L’international marocain était revenu en bord de Meuse à la fin du mercato hivernal « et il a déjà beaucoup joué alors qu’il avait peu joué à l’Olympiacos avant ça, c’est pourquoi je voulais le préserver », expliquera Sa Pinto après la rencontre.

« Je pars m’échauffer et je monte »

Avant le match, la surprise saisit toutefois observateurs, dirigeants voire joueurs eux-mêmes. « Le plan était que je monte à la mi-temps mais pas que ce soit 2-0 », glissera Carcela, double passeur décisif et game changer, sans marquer.

L’histoire raconte que c’est autant le joueur que l’entraîneur qui a fait le remplacement. Pendant la première mi-temps, déjà, Carcela n’a pu réprimer une forme de frustration, lui qui avait la Coupe du monde 2018 dans le viseur et donc les playoffs 1 pour se mettre en évidence. À un adjoint, il glisse qu’il veut rentrer. À la mi-temps, il lâche : « Je ne sais pas qui va sortir mais je vais rentrer. »

Quand il croise un dirigeant liégeois dans le couloir des vestiaires menant au terrain, il glisse : « Je pars m’échauffer et je monte. » Pendant que Carcela s’échauffe, Sa Pinto s’efforce de maintenir le moral de ses joueurs, en disant qu’un but rapide, en début de deuxième mi-temps, peut faire basculer la rencontre.

Les mots de Gillet, la prémonition de Pocognoli

Jean-François Gillet, alors gardien remplaçant derrière Guillermo Ochoa, prend la parole pour dire qu’il ne faut rien lâcher; Sébastien Pocognoli, également remplaçant, est une autre voix qui compte, avec Paul-José Mpoku. Les anciens ont tenu une place essentielle dans le vestiaire liégeois cette saison-là, sauvant autant Sa Pinto, en cours de saison, que la dynamique d’un vestiaire qui avait la tête basse au bout de quarante-cinq minutes.

Un Mehdi Carcela cinq étoiles face à Ostende: « Dès l’échauffement, j’avais la dalle… »

La deuxième période est une remontada presque digne de ce que vivra la Belgique contre le Japon, quelques mois plus tard. Renaud Emond réduit la marque, sur un service de Carcela, qui donnera ensuite le but de la victoire à Collins Fai au prix d’un mouvement sur le côté droit où il aura tout fait, tout seul, génial dribbleur qu’il est.

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L’arrière latéral camerounais inscrit alors son premier but pour le Standard lors de son 60e match; il y avait pire moment pour ouvrir le compteur et offrir une victoire essentielle puisque Courtrai avait battu Charleroi. Un autre jeune joueur va marquer un but, à Ostende, puis les esprits, dans les mois qui suivront.

Sa Pinto - DjenepoSa Pinto - DjenepoRicardo Sa Pinto félicite Moussa Djenepo, jeune talent qui explosera quelques semaines plus tard. ©Belgaimage

Moussa Djenepo, à la réception d’une passe de Mpoku, avait égalisé peu après l’heure de jeu. « Poco, depuis le départ de l’hôtel, m’avait dit que je marquerais », rigole le Malien. Quelques mois plus tôt, le duo Djenepo-Mpoku avait déjà sauvé la mise, contre Lokeren (2-1), à la dernière minute et dans l’ordre inverse.

« On le mérite! On le mérite! »

À 2-2, dans les tribunes, les supporters du Standard ont repris espoir et même l’équipe communication du club, installé en tribune de presse, n’avait pu freiner son enthousiasme, sous l’œil peu approbateur des supporters locaux. À 2-3, la joie est contenue pour l’équipe com’. Sur le terrain, c’est la libération.

Dans le vestiaire, après la rencontre, Sa Pinto crie : « On le mérite ! On le mérite. » Il y a un mélange de soulagement et de revanche, dans l’esprit du technicien portugais qui n’avait pas été épargné par les critiques. La suite, c’est un succès en Coupe de Belgique puis des playoffs 1 traversés dans la furie.