De plus en plus d’études montrent que les régimes alimentaires supprimant toute chair d’origine animale (végétarien), voire tout produit d’origine animale (végétalien), sont bénéfiques pour la santé cardiométabolique et la longévité, et qu’ils permettent de freiner l’évolution de certaines maladies. Ces choix alimentaires diffèrent considérablement par la qualité des aliments, la proportion de produits animaux et leur adéquation nutritionnelle. De ce fait, tous n’ont pas le même impact sur la santé. L’ANSES a proposé une revue sur le sujet en 2024.
En pratique, et pour évaluer les bénéfices et les limites potentiels de ces modes d’alimentation, une analyse approfondie de leur composition et des facteurs de risque individuels est nécessaire. Tour d’horizon en cinq questions.
En comparaison avec l’alimentation végétarienne ou végétalienne, le régime pesco-végétarien est celui qui présente l’association la plus forte et la plus constante avec une baisse de la mortalité toutes causes confondues. Le régime lacto-ovo-végétarien (qui exclut la viande et le poisson, mais inclut les œufs et les produits laitiers) est également associé à une réduction de la mortalité toutes causes confondues.
Il n’a pas été prouvé – après prise en compte des facteurs de confusion – que le régime végétalien, quant à lui, permette de réduire de façon nette et constante la mortalité toutes causes confondues. Enfin, les régimes semi-végétariens se révèlent assez similaires, en termes de risque de mortalité, aux régimes non végétariens.
Ce sont les végétaliens qui présentent les taux les plus faibles de cancers du sein et de la prostate, en particulier les cancers précoces, selon une vaste étude de cohorte nord-américaine. Exclure tous les produits d’origine animale serait donc bénéfique en termes de risques oncologiques pour ces deux cancers à influence hormonale.
Par ailleurs, les taux de cancers colorectaux et du sein sont moindres chez les pesco-végétariens à un âge avancé.
Enfin, les cancers lymphoprolifératifs sont plus rares chez les lacto-ovo-végétariens, mais l’influence de ce régime sur le risque de cancer du sein ou de la prostate est limitée chez les plus jeunes.
Lorsque tous les régimes à base majoritairement végétale sont regroupés, la protection contre les risques oncologiques est moins nette en raison des grandes variations alimentaires entre les différents sous-groupes.
Les régimes végétaliens, et même végétariens, majorent le risque de carences vitaminiques, en particulier en vitamine B12. Les œufs et les produits laitiers ne constituent en effet pas des sources fiables pour couvrir les besoins quotidiens en vitamine B12. Une carence peut rester asymptomatique pendant des années avant de se manifester par une anémie, une neuropathie, des troubles cognitifs ou une augmentation du risque vasculaire.
C’est pour cette raison qu’une supplémentation régulière en vitamine B12 est recommandée chez les adultes suivant l’un de ces régimes. Une étude sur les carences nutritionnelles des végétariens et des végétaliens a confirmé le bien-fondé de cette recommandation.
L’iode, le calcium, la vitamine D et le sélénium sont également des nutriments essentiels. Toutefois, aucune recommandation générale concernant ces nutriments n’a été édictée et la prise en charge doit être individualisée. L’apport en iode dépend de la consommation d’aliments enrichis et d’algues marines ; un excès peut se révéler nocif. Les besoins en calcium peuvent souvent être couverts par les aliments enrichis avant d’envisager une supplémentation. Enfin, la supplémentation en sélénium est réservée aux cas de carence avérée. L’ANSES a publié des recommandations pratiques en 2025.
La richesse et la composition du microbiote intestinal varient selon les régimes alimentaires. C’est ce qu’a indiqué une vaste étude de cohorte, qui souligne que les omnivores présentent une plus grande richesse microbienne intestinale que les végétaliens et les végétariens. En revanche, aucune différence significative n’a été observée entre ces deux derniers types de régimes.
Ces résultats plaident en faveur de l’utilisation d’analyses du microbiote intestinal afin de proposer des interventions diététiques personnalisées. Ils mettent également en exergue l’importance de la diversité alimentaire chez les personnes qui suivent un régime végétalien ou végétarien.
La qualité globale de l’alimentation est l’élément majeur à prendre en compte chez les personnes adoptant un régime excluant en totalité ou en partie les produits d’origine animale. Un document de l’Académie américaine de nutrition et de diététique confirme cette approche.
Les régimes privilégiant les aliments végétaux non transformés, tels que les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales complètes, les noix et les huiles non raffinées, sont associés à une amélioration du profil de risque et à une réduction des troubles cardio-métaboliques. Éviter exclusivement les aliments d’origine animale est insuffisant : une alimentation riche en glucides raffinés ou en sucres ajoutés peut en effet aggraver le risque cardiométabolique.
Les régimes végétariens ont démontré une efficacité comparable à celle des autres régimes à visée thérapeutique dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires. Bien que les substituts de viande à base de plantes puissent être utiles, leur consommation excessive est déconseillée en raison de leur qualité nutritionnelle variable. Privilégier les aliments non transformés constitue une stratégie de conseil plus efficace.
Pour en savoir plus, voir notre Dossier spécial Santé et alimentation : que mettre au menu ?
Quiz traduit et adapté de l’édition internationale de Medscape , par la Dre Isabelle Catala
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