Ce mercredi, on apprenait via Médiapart que Patrick Bruel était accusé de violences sexuelles par huit femmes, dont une mineure au moment des faits, sur une longue période qui s’étend de 1992 à 2019. Le chanteur est visé par au moins deux plaintes, dont une de Daniela Elstner, directrice générale de l’association de promotion cinématographique et audiovisuelle Unifrance, qui évoque une tentative de viol et agression sexuelle remontant à l’automne 1997.


Karine, la Belge qui accuse Patrick Bruel d’agression sexuelle, critiquée sur les réseaux : «On me dit que je fais ça pour l’argent, que je veux lui nuire. C’est très violent»
Face à cette actualité, les langues se délient. Sur Instagram, Andrea Bescond, danseuse et comédienne, avait dénoncé ce mercredi soir le comportement de l’artiste : « Tu es Patrick Bruel. Je me souviens qu’en 2022, tu t’étais incrusté à une soirée d’un festival féministe dans lequel j’étais jury, tu avais fait le miskine (pauvre, ndlr) parce que j’avais refusé de venir, je t’avais boycotté et c’était parti en contre soirée dans ma chambre d’hôtel. Toi, tu étais resté à cette soirée, boire du champagne avec des réalisatrices ‘super féministes’ que je ne balancerai pas par respect pour les femmes, et deux, trois collègues acteurs colonisés par le patriarcat. »
« Fuck you Patrick »
« Ensuite, tu avais bavé sur moi dans tout Paris. À ce moment-là, il y avait déjà eu des plaintes déposées contre toi, classées sans suite car notre justice est ce qu’elle est », lançait-elle, en référence à une enquête préliminaire pour exhibition sexuelle et harcèlement sexuel lancée après des accusations en 2019 de plusieurs masseuses. « Mais on connaît bien vos stratégies de victimisation. Ça n’a pas empêché que tu fasses plein de concerts et que tu retournes sur scène au théâtre. La France est la France. Je remercie et je soutiens toutes les femmes qui ont le courage de témoigner et de porter plainte aujourd’hui contre toi, puis celles qui l’ont fait avant. Force à vous les sœurs », écrivait-elle, avant d’adresser un « fuck you » à Patrick Bruel.
Andréa Bescond réagit après sa prise de parole – D.R.
« On sait », « force à toutes »…
Une publication qui avait entraîné énormément de réactions et de likes. Et plus d’un millier de commentaires, des marques de soutiens ou des témoignages, d’anonymes mais aussi de plusieurs femmes du milieu du cinéma et de la télévision. On notait ceux d’Anouchka Delon et Énora Malagré. « On sait », « force à toutes », écrivaient-elles. Alexandra Lamy avait également réagi : « J’étais dans la contre soirée avec toi mon Andrea », avec des émojis de mains qui applaudissent. Un peu plus tôt, la fille de l’actrice, Chloé Jouannet, avait partagé les accusations visant Patrick Bruel, ajoutant « Enfin ! »…
« Il y a beaucoup de personnes que ça a poussé à se battre »
Ce vendredi, Ciné-Télé-Revue était à Lille pour le Festival Séries Mania, où Andréa Bescond, habituée à s’exprimer publiquement sur les questions de violences sexuelles depuis le succès de « Les Chatouilles », était présente. Sur le tapis rouge de couleur violette, nous avons pu interroger l’artiste sur sa prise de parole et ses motivations. « On a encore besoin d’avancer, on n’y est pas. Après ce qui me motive quand même, pour dire quelque chose de positif, c’est de voir à quel point prendre la parole ça aide des gens à aller mieux. Moi mon but dans la vie, c’est de donner de la force. J’en reçois, je reçois beaucoup d’amour, donc je rends à l’univers ce qu’on m’offre. C’est pour ça que je prends la parole », nous dit celle qui utilise régulièrement les réseaux sociaux pour soutenir les personnes qui dénoncent les violences sexuelles. « C’est parfois un peu clivant de prendre autant la parole. J’essaye de me détacher de savoir si on m’aime ou si on ne m’aime pas. J’essaye de faire ce qui me paraît juste. Je ressens quand même qu’il y a beaucoup de personnes que ça a poussé aussi à se battre. C’est ça que je retiens. Je trouve quand même que oui, ça évolue. On a encore beaucoup à faire mais oui, ça évolue. On bouge ! »


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