Concernant le harcèlement sexuel, il admet l’envoi de messages à connotation sexuelle, tout en les présentant comme de l’humour mal interprété. « C’était une collègue avec laquelle j’aimais bien rigoler », explique-t-il, tout en ne contestant pas la prévention retenue.

Me Arnould monte le ton

Du côté des parties civiles, représentées par Me Fanny Arnould, le ton est nettement plus sévère. L’avocate décrit des faits « largement au-delà d’un simple conflit professionnel », évoquant un comportement « humiliant et dégradant », marqué par une forme de prédation. Elle souligne une attitude répétée, structurée, où l’employé administratif filmait ses collègues à leur insu, notamment sous leurs vêtements.

Les victimes, profondément marquées, évoquent un climat de malaise durable. Certaines affirment avoir modifié leurs habitudes vestimentaires, tandis que d’autres parlent d’une perte de confiance au travail. La collègue à l’origine de la plainte pour harcèlement rejette toute idée d’humour. Son avocate déclare : « Tous les messages qu’elle envoyait étaient amicaux, alors que lui envoyait constamment des messages à connotation sexuelle ».

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La zone de police s’est constituée partie civile, affichant son soutien aux employées. Les victimes insistent ne pas rechercher la vengeance, mais une prise de conscience. « L’humour, cela se partage », rappelle l’une d’elles, pointant une frontière clairement franchie.

Peine sévère

Dans son réquisitoire, le parquet a requis une peine sévère. La substitute du procureur estime que « chaque message constituait un dépassement de limite », qualifiant les faits d’injures et d’offenses répétées.

Elle considère également le voyeurisme comme pleinement établi, évoquant des enregistrements prolongés et délibérés. « Filmer sous les jupes des femmes est inadmissible », a-t-elle conclu, appelant à une sanction pénale à la hauteur des faits.

Procédure disciplinaire

Me Fabrice Guttadauria défend le prévenu de deux préventions. Il affirme qu’une relation de confiance liait la victime de harcèlement et le « calog » (cadre logistique, NdlR.) quinquagénaire. Cette confiance a été trahie par l’aîné.

L’avocat indique que son client a un parcours exemplaire au sein de la zone de police et essaye de comprendre ce basculement dans l’interdit. « Il est tombé dans l’irrationnel. Aujourd’hui, il a un sentiment de honte, de trahison, de dégoût par rapport à ce qu’il a fait ». Il a été sanctionné disciplinairement par sa hiérarchie, par une démission d’office, le 10 mars dernier.

Le procès est mis en continuation au 17 avril afin de s’assurer de l’entrée en vigueur ou pas du nouveau Code pénal.

L’employé de la police a tenu à s’excuser auprès de ses anciennes collègues.