« Je l’ai tout de suite reconnue »

Alors non, ces animaux ne vivent pas en liberté. Mais bien dans des prés clôturés, dans des volières aussi. Et c’est d’une volière que Volga s’est échappée. « Pendant qu’on travaillait dans sa volière, elle est arrivée à s’enfuir », commente la responsable. Cela ne s’est pas passé ce jeudi 12 février 2026, ni même ces derniers jours mais il y a trois ou quatre semaines. Pendant plusieurs jours, l’animal est resté autour du domaine puis il a pris la poudre d’escampette.

« À deux reprises, j’ai vu circuler une annonce sur les réseaux sociaux et je l’ai reconnue. » Un grand-duc de Sibérie a des plumes plus claires que celui d’Europe. « J’ai tout de suite su que c’était elle et je suis allée poser un piège. » Une boîte dans laquelle elle a mis de la nourriture et qui se referme une fois que le rapace est dedans, car l’animal est clairement à la recherche de quoi manger. Sauf que Volga ne s’en est pas approchée. Et depuis, elle est dans la nature. Le grand-duc de Sibérie a d’ailleurs été aperçu sur Héron dernièrement.

Vue sur Seilles

Volga n’est pas née dans le domaine écologique d’Oteppe mais chez un éleveur. « Je l’ai depuis un an, souligne Marisa Bertolin. J’ai tous les documents nécessaires prouvant qu’elle est née dans un élevage et qu’elle n’a pas été prise dans la nature. » Mais comme Volga a toujours vécu en captivité, elle ne saurait pas s’en sortir seule une fois dehors. Elle n’est pas supposée savoir chasser. Quoique… « Visiblement, elle a capturé un coq, donc elle sait chasser. Mais je ne suis pas certaine qu’elle s’en sortira sur le long terme. »

Clairement, la femelle grand-duc peut faire du chemin. Elle est d’ailleurs en train de s’éloigner d’Oteppe. « Elle peut faire des kilomètres. Aujourd’hui, on me l’a signalée près de Seilles. Je vais aller voir tout à l’heure et si je la vois, je déplacerai le piège. »

Attention à ses serres

Que faire si vous l’apercevez ? Déjà, mieux vaut ne pas l’approcher et encore moins essayer de la capturer. Car un tel animal a des serres énormes, super-puissantes. « Il y a une façon de prendre ces oiseaux et quelqu’un qui ne connaît pas les rapaces, pourrait être lourdement blessé par ses serres. » C’est aussi un rapace nocturne, donc qui chasse la nuit. Il chasse à l’affût, se pose quelque part, observe puis attaque. Si c’est un prédateur, il évite les humains (même si, comme Volga est née en captivité, elle doit être moins méfiante), il est discret et ne cherche pas le conflit. Mais gare à vous s’il se sent menacé.

Donc, si vous croisez Volga, ne tentez pas de le toucher ou de lui donner à manger. Un grand-duc de Sibérie est un bel animal mais qui s’admire de loin. Si vous l’apercevez, contactez directement Marisa Bertolin au 0497/46.36.39. « Il est nécessaire de le retrouver au plus vite pour son bien », ajoute-t-elle.