Comment vous êtes-vous décidée à écrire ce roman ?

Je l’ai écrit pour les jeunes, pour bien dire haut et fort que l’endométriose ce n’est pas que des douleurs de règles. ça peut pourrir des vies, détruire des couples, avoir des conséquences tragiques, amener des douleurs extrêmement fortes pendant longtemps, si ce n’est pas décelé assez tôt. C’est pour montrer à quel point l’endométriose et l’adénomyose sont graves. Dans ce roman, je me mets à nu complètement, car je mets en avant ces conséquences graves que cela a eues sur moi et sur Rose. J’espère que cela continuera à faire bouger les lignes.

L’écriture de ce roman a-t-elle agi positivement sur vous ?

L’écriture agit positivement sur une personne tout court, sans forcément parler d’un roman ou d’une maladie. moi ça me fait du bien, on devient très vite addict à l’écriture, on a envie d’écrire des mots jusqu’à la fin de la vie. Oui, retracer mon parcours et celui de Rose, ça m’a aussi permis de faire une excellente thérapie.

Quel message souhaitiez-vous transmettre à travers ce roman ?

J’espérais que cela aide, que cela alerte, que cela aiguille, que cela fasse agir des personnes. Je l’ai fait dans le but de remuer encore les choses, pour permettre à certaines personnes de briser le silence. Il ne faut surtout pas rester seule et isolée face à cette maladie. Vous êtes loin d’être seules, et c’est important de se battre ensemble.

Et à qui s’adresse-t-il ?

À toute personne qui traverse cette maladie, qu’elle soit seule ou non. De toute façon, c’est toujours utile de savoir comment les autres perçoivent la maladie. Notre souhait, à la base, est que la nouvelle génération n’ait pas à connaître toute cette errance médicale que Rose et moi on a connue.

Avez-vous l’impression que cela évolue dans le bon sens ?

J’en suis certaine. Il y a de plus en plus de centres experts en endométriose qui se sont ouverts dans des régions où il n’y avait pas d’experts. Les médecins sont aussi beaucoup plus à l’écoute.

Malgré toutes les difficultés traversées, on ressent une forte positivité dans votre démarche. C’est une manière de tenir le coup ?

C’est très important de dire que ce livre est positif. J’essaie d’apporter un maximum de lumière dont les gens ont besoin, et j’espère y arriver. Et c’est sûr que la positivité fait partie de mon caractère, de moi. Sans cette positivité, je n’en serais pas là où j’en suis aujourd’hui.

Au-delà de l’endométriose, vous évoquez d’autres sujets personnels sensibles, tels que le décès de votre premier compagnon. En quoi était-ce important d’écrire sur ces moments ?

Au-delà de la maladie, ce qui fait une personne c’est tout ce qu’elle a vécu dans sa vie, que ce soit les peines et les joies, les drames et les chocs. Tout ça a fait partie de ma vie, et on croira ce que l’on veut, le mental d’une personne fait beaucoup. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans la tête. Et peut-être qu’inconsciemment, ces drames qui ont fait ma vie, ont fait la Laëtitia que je suis aujourd’hui. J’ai trouvé important de dire que l’espoir existe toujours. Remonter la pente, c’est possible, le mot « jamais » n’existe pas. On peut encore une fois chercher la lumière, parce qu’elle y est.

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Vous êtes la marraine de l’association EndoFrance. Quelle est votre mission ?

Ma mission est de sensibiliser au maximum, que tout le monde en parle. Le mois de mars est le mois de sensibilisation à l’endométriose, mais elle ne fait pas souffrir les personnes atteintes un seul mois dans l’année, malheureusement. On continue à sensibiliser, dix fois plus au mois de mars, ouvrir nos voix et nos cœurs. Nous voulons montrer que, même si la guérison est impossible, on peut aller vers le soulagement des douleurs.

Dans votre roman, la présence de votre conjoint Badri est très importante pour votre parcours. Quel est le rôle des partenaires des patientes qui souffrent d’endométriose ?

Ils ont un rôle psychologiquement très fort. Ils sont face à une personne qui souffre, ils se sentent impuissants et mentalement c’est dur pour ceux qui nous accompagnent. Maintenant, ma phrase c’est « ne laissez pas l’endométriose gagner sur votre couple. » Il faut essayer de contourner la maladie si vous voyez qu’elle arrive au sein des disputes. Il faut se battre en permanence.

Comment comptez-vous aborder le sujet avec votre vie Lyana ?

Elle est déjà bien au courant. J’ai réalisé un documentaire qui est passé sur TF1. J’ai ajouté quelques images en mars dernier où elle est intervenue. Elle est au courant de ce qu’a sa mère, qu’il y a eu des difficultés pour l’avoir et que je ne donnerai pas naissance à une seconde vie. Elle le sait, elle a compris et elle vit avec ça aussi.

Vous abordez également le sujet des expériences surnaturelles : les messages de votre grand-mère, mais aussi un épisode de mort imminente…

J’ai été opérée d’une occlusion intestinale et j’ai failli mourir. C’est vrai que j’ai eu un mini-coma, j’ai connu une dissociation de mon corps qui m’a permis de vivre une expérience unique pour moi. Je pense que c’est dans ces moments-là qu’on ouvre les yeux sur ce genre de croyances. J’y croyais plutôt, je suis très ouverte à ces procédés. Mais là, ça m’est arrivé. Ça a changé beaucoup de choses en moi, dans ma façon de voir les choses, d’appréhender. Il n’y a pas de hasard, ce ne sont que des rencontres ou des choses qui doivent arriver. J’ai appris à m’écouter davantage. Ça permet de relativiser sur la vie et c’est ma façon d’avancer. Si ça arrive, c’est que ça devait arriver.

Vous êtes aujourd’hui comédienne, romancière et vous êtes même essayée à l’animation. Trouvez-vous une forme de complémentarité dans ces différentes casquettes ?

Que ce soit dans l’écriture, la comédie ou l’animation, je rejoins toujours le même côté artistique, de la comédie. Même dans mes livres, mon écriture est très scénarisée. Je crois qu’on reconnaît l’écriture de comédienne. Tout ce que j’entreprends, je le vois comme une complémentarité.