À seulement 24 ans, en 2014, Giulia Enders publie un livre sur un organe dont personne ne parlait vraiment, et encore moins à table : Le Charme discret de l’intestin (Actes Sud, 2015). En transformant ledit intestin – et le microbiote – en sujet de société, cette étudiante en médecine allemande crée alors un séisme dans l’édition avec plus de 8 millions d’exemplaires vendus dans le monde, dont 1 million et demi en France. Le livre est distribué dans 42 pays. Une exposition est organisée à Paris en 2019 et un documentaire paraît sur Netflix en 2024.

Douze ans après son premier succès, la gastro-entérologue revient avec Organique (Albin Michel) pour nous dévoiler avec délicatesse, humour et rigueur scientifique le fonctionnement de cinq autres parties de notre corps : les poumons, grâce auxquels nous inspirons et expirons 20.000 fois par jour, système immunitaire, peau, muscles, cerveau… Giulia Enders rattache chacun d’eux à des besoins fondamentaux, comme la sécurité, les relations humaines, la force, et ponctue son exploration d’histoires personnelles, illustrées par sa sœur Jill.

Une exploration pour mieux comprendre nos émotions, nos besoins et notre place dans un monde moderne souvent déconnecté du vivant. Rencontre à Paris.

LA TRIBUNE DIMANCHE — Après votre succès mondial, qu’avez-vous fait ces dix dernières années ?
GIULIA ENDERS — J’ai terminé mes études, puis j’ai commencé à travailler à l’hôpital. J’ai aussi contribué à une exposition organisée à Paris avec ma sœur, et j’ai participé à un documentaire Netflix.