Au cinéma, on l’a vue en Simone Signoret dans Moi qui t’aimais, de Diane Kurys, et en une «quasi Françoise Bettencourt» dans La Femme la plus riche du monde, de Thierry Klifa.

Marina Foïs est de retour sur Netflix dans la saison 2 de Furies, où elle joue Selma, une femme mystérieuse, complexe et impitoyable. Après avoir maintenu l’ordre et la paix entre les différents clans de la pègre parisienne, elle se voit forcée de collaborer avec un groupe paramilitaire meurtrier. Son plan ? Organiser une résistance pour renverser les oppresseurs.

Madame Figaro.- Quel est votre état d’esprit actuel ?


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Marina Foïs.- Excellent. Je me sens étonnamment détendue, et je ne comprends pas pourquoi.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans Furies  ?

Le plaisir de l’inédit. Jouer dans une série d’action, assumer le folklore et la frime, c’était loin de ce qu’on m’avait proposé jusque-là. Je doutais de ma capacité à convaincre, à y trouver du plaisir, et pourtant j’ai adoré – notamment travailler les cascades.

Qui est votre personnage ?

Dans cette deuxième saison, mon personnage, Selma, dite «la Furie», se révèle plus méchante que jamais. C’est vraiment quelqu’un sur qui on ne peut pas compter. Elle est imprévisible et a toujours un coup d’avance sur son adversaire. Tout ça est très jouissif à jouer.


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Quelles sont vos actus ?

Je joue dans El ser querido, de Rodrigo Sorogoyen, face à Javier Bardem. Ce metteur en scène représente une espèce d’idéal pour moi : il possède une telle culture cinématographique, une telle connaissance de la grammaire et de l’outil de cinéma que tout devient ludique et passionnant. Il n’oublie jamais le privilège que nous avons de faire ce métier et inclut énormément ses acteurs dans le travail. Quant à Javier Bardem, l’une de mes idoles, je peux maintenant dire que j’ai joué avec lui, et ce n’est pas rien.

Le cinéma me nourrit autant par le plaisir qu’il me procure que le réconfort

Marina Foïs

Tourner dans une autre langue change-t-il l’actrice que vous êtes ?

C’est une difficulté supplémentaire, et l’inconfort réveille. À l’étranger, on perd une partie de nos privilèges, et je pense que c’est bienvenu pour le cœur même de notre métier. Et pour moi, qui suis binationale, voire trinationale, tourner hors de France m’enchante parce que j’ai besoin d’ailleurs dans ma vie.

Avez-vous toujours le feu sacré ?


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Oui, je vais au cinéma tous les jours, et si je n’ai pas le temps d’y aller, je regarde un film chez moi. Le cinéma me nourrit autant par le plaisir qu’il me procure que le réconfort, mais aussi par l’intérêt ou le défi intellectuel qu’il suscite.

Parler de vous en promo, est-ce une corvée ?

Oui, parce que la promotion reste un exercice de vanité ultime qui ne fait de bien à personne. Parler de soi n’élève absolument pas.

Quelles sont les questions que vous esquivez ?

Celles qui concernent mes enfants, car je leur dois leur intimité.

Langue de bois ou trop déliée ?

J’ai raconté trop de choses intimes, or je pense que le secret est vertueux pour les acteurs et les gens qui les regardent.

Quel est le sujet qui vous fait sortir de vos gonds ?

Plein ! La violence des échanges en politique ou sur les réseaux sociaux, la simplification, l’inversion des valeurs, la distorsion du réel… J’accepte volontiers de débattre, d’écouter des idées radicalement opposées aux miennes, à condition que nous partagions un socle commun : la réalité.

Qu’aimez-vous que l’on dise de vous ?

Tout ce qui s’apparente à un compliment

Y a-t-il un malentendu vous concernant ?

Les gens me croient plus courageuse que je ne le suis. Peut-être parce que je parle fort.

Que pensez-vous en vous regardant dans le miroir le matin ?

Je scrute davantage la manière dont je suis habillée que ma tête. Je contourne l’épreuve.

Quelle est la dernière fois où vous avez été fière de vous ?

La fierté n’appartient pas tellement à mon vocabulaire… Je m’efforce d’être aussi honnête que possible envers moi-même, les autres et mon métier. C’est une discipline que je m’impose, mais je n’ai pas de motif de fierté personnelle.

Furies, saison 2, une série créée par Jean-Yves Arnaud et Yoann Legave, avec Marina Foïs, Lina El Arabi, Jérémy Nadeau… Actuellement sur Netflix.