Dix candidats du parti d’extrême droite ont été réélus dès le premier tour dimanche dernier, notamment dans ses bastions du Pas-de-Calais (Hénin-Beaumont, Bruay-la-Buissière) ou à Perpignan. Quatorze autres l’ont emporté au premier tour. Le RN a toutefois peiné à percer dans les grandes villes, à l’exception du littoral méditerranéen.

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Présent dans 260 localités au second tour, le RN livre souvent bataille seul ou sans véritable réserve de voix. La « main tendue » de Jordan Bardella à la droite n’a pas été entendue. Seules trois communes ont vu des rapprochements officiels entre listes de droite et d’extrême droite.

Du côté de Marseille, son candidat Franck Allisio talonne le maire sortant socialiste Benoît Payan. La conquête de la deuxième ville de France s’annonce néanmoins difficile : Benoît Payan bénéficie du retrait du candidat de la gauche radicale Sébastien Delogu, mais aussi du maintien de celle de la droite et du centre, limitant de fait les reports de voix vers l’extrême droite.

Le RN a d’autres grandes villes du sud du pays dans son viseur, en particulier à Toulon mais aussi à Nîmes ou à Carcassonne. Trois villes où il est arrivé en tête au premier tour avec plus de 30% des suffrages.

La formation de Marine Le Pen et de Jordan Bardella pourrait également voir un de ses alliés, Éric Ciotti, l’emporter à Nice, cinquième ville de France, dans un duel fratricide face au maire sortant, Christian Estrosi.

Paris va-t-elle rebasculer à droite ?

Les regards des observateurs se tourneront également vers Paris. La capitale est dirigée par la gauche depuis 25 ans.

La liste de gauche du candidat socialiste Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint de la maire sortante Anne Hidalgo, est arrivée largement en tête au premier tour (38%), loin devant celle menée par Rachida Dati (25%), ex-ministre de la Culture d’Emmanuel Macron.

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Celle qui comparaîtra en septembre pour corruption et trafic d’influence passifs a toutefois enregistré le ralliement du candidat de centre-droit Pierre-Yves Bournazel et le désistement de la candidate d’extrême droite Sarah Knafo, du parti Reconquête d’Éric Zemmour.

Marine Le Pen a également implicitement apporté son soutien à Rachida Dati, en appelant à « faire barrage » à la gauche.

Contrairement à Marseille, la candidate de gauche radicale Sophia Chikirou a par ailleurs maintenu sa liste pour le second tour, limitant le report de voix pour Emmanuel Grégoire.

À gauche, fusions et confusion

Autre grand enjeu de ce second tour : quels résultats pour les listes d’union entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI). Le PS peine depuis le début de la campagne à clarifier ses rapports avec les Insoumis, alors que le parti de gauche radicale est dans la tourmente ces derniers mois après la mort d’un militant d’ultra-droite à Lyon et des accusations d’antisémitisme contre son leader Jean-Luc Mélenchon.

Si le dirigeant socialiste Olivier Faure a exclu tout « accord national » avec LFI, plusieurs de ses candidats ont fusionné avec des listes de gauche radicale, notamment à Lyon et à Nantes. À Toulouse, les socialistes se sont ralliés au candidat LFI, arrivé second au premier tour, pour battre la liste divers droite du maire sortant. À l’inverse, Emmanuel Grégoire à Paris et Benoît Payan à Marseille ont refusé toute alliance avec les Insoumis.

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« Les programmes des listes avec lesquelles nous avons parfois fusionné ne comportent ni discrimination, ni racisme, ni antisémitisme », a justifié M. Faure.

Ces accords locaux ont réjoui certains, suscité colère et confusion chez d’autres. L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a dénoncé des fusions ni « éthiquement justes » ni « électoralement payantes ».

Pour beaucoup, ces accords pourraient avoir des répercussions à l’heure de compter leurs forces avant la présidentielle.

Enfin, un candidat déjà déclaré pour 2027 devrait sortir conforté : l’ancien Premier ministre de centre-droit Édouard Philippe, en position favorable pour être réélu maire du Havre.

L’immense majorité des 35.000 communes de l’Hexagone a néanmoins déjà choisi son maire lors d’un premier tour marqué par une abstention historique de 42% (hors période du Covid-19).