Justine et Samuel Thibault ont quitté l’aventure du télécrochet de TVA dimanche dernier alors que leur coach, Mario Pelchat, a préféré sa nièce Maïka Pelchat et Jordan Grandmont aux jumeaux de Gatineau.
«On s’en doutait un peu, lance d’emblée Samuel lors d’une rencontre avec Le Droit. Justine l’avait même prédit. Elle m’a dit que nous n’allions pas passer l’étape de la chaise musicale.»
Malgré une déception évidente, Justine et Samuel sont loin de s’apitoyer sur leur sort, au contraire.
«Les Thibault que vous avez vus à la télé ne sont plus les mêmes aujourd’hui, ajoute Justine. En se voyant à la télé dimanche, on voit bien qu’on n’est pas à l’aise, qu’on a l’air un peu coincé. Nous étions meilleurs à notre audition à l’aveugle. Mais aujourd’hui, on n’est plus ces deux personnes-là».

À l’évidence, Justine a raison.
Les jumeaux s’exprimaient avec conviction et pertinence lors de l’entrevue qu’ils ont accordée au Droit vendredi. Il faut dire que les prestations présentées à l’écran ont été enregistrées en novembre et décembre dernier. Il s’est passé beaucoup de choses depuis ce temps.
Cette expérience acquise à La Voix leur a quand même été profitable, mais plus encore, cela leur a permis de croire réellement en leur talent.
«Ce fut une belle aventure et on ne regrette rien, estime Samuel. On a appris à mieux se connaître comme artiste et, surtout, j’ai personnellement découvert que je pouvais chanter avec ma sœur.»
Ce qui semblait une évidence à l’écran ne l’était pas nécessairement dans la réalité.

Pour Samuel, rien ne semblait naturel dans le fait de chanter avec sa jumelle alors que, pour Justine, cela allait de soi.
«Je n’ai pas la même vision que mon frère là-dessus, confie-t-elle. Je savais que nos voix pouvaient bien s’harmoniser et c’est ce qu’on a prouvé à La Voix.»
Issus d’une famille de musiciens, leur père Alain a passé sa vie à se produire dans les bars et bistros de l’Outaouais, les jumeaux ne sont pas tombés loin de l’arbre.
«On a toujours vu notre père partir les fins de semaine pour aller faire de la musique, se souvient Justine. Le 9 mai prochain, on pourra enfin se produire avec lui, sur la même scène. Le spectacle intitulé Alain Thibault et ses jumeaux aura lieu au complexe sportif de La Pêche. C’est une grande fierté et un rêve qui se réalise pour notre père.»
Deux par deux
Les jumeaux n’ont vraiment rien d’identique, surtout quant à leur identité artistique.
Samuel possède une voix rauque et granuleuse qui s’inscrit dans un style plus raw, du genre dark country, alors que Justine navigue dans des eaux plus calmes, parfaitement adaptée pour un folk pop.
«C’est généralement dans ces styles qu’on s’adonne le plus souvent, estime Justine. Mais je persiste à croire que nos deux univers musicaux peuvent cohabiter. Mais à l’évidence, on va développer nos propres styles.»
Les jumeaux Thibault sont présentement en plein magasinage.
Ils ont entamé des discussions avec une maison de disque alors qu’ils sont pris en charge par Legros Production, dirigée par le producteur Éric Legros.
Dès leur sortie de La voix, les jumeaux n’ont pas chômé.

Séances de photos, entrevues dans les médias, engagements sur plusieurs scènes de la région étaient au menu.
Le spectacle est aussi en préparation. Le concept est simple, chacun proposera une demi-heure sur scène alors que les deux se retrouveront à la fin du spectacle pour quelques duos.
«On va reprendre les chansons qu’on a faites ensemble à La Voix, parce que les gens nous le demandent, explique Samuel. On ne peut pas passer à côté de ça.»
Les deux artistes sont également auteurs et compositeurs. Ils possèdent déjà leur propre répertoire qu’ils ont envie de livrer sur scène et sur disque.
«On écrit tous les deux, chacun dans nos styles, explique Justine. On écrit aussi beaucoup en français et c’est vers ça qu’on a envie d’aller.»
Il faudra rester à l’affût de leurs réseaux sociaux afin de tout connaître sur la suite des choses pour ceux qu’on appelle aujourd’hui «les jumeaux de La Voix».