Comment expliquer la baisse du coût ? Selon le CSIS, la prise de contrôle de l’espace aérien permet maintenant à l’armée américaine d’utiliser des munitions à courte portée, qui sont aussi moins coûteuses.
Une rallonge demandée
Pour faire face à ces dépenses, le Pentagone aura besoin d’argent frais. Selon le Washington Post, l’armée américaine souhaiterait recevoir une enveloppe de 200 milliards de dollars pour financer la guerre avec l’Iran. Cette demande, qui devra passer par le Congrès américain, fait déjà grincer des dents. Cette rallonge correspond en effet à 20 % du budget annuel de l’armée américaine.
Le détroit d’Ormuz, épicentre des secousses boursières
Notons que Donald Trump avait déjà annoncé la couleur, le 7 janvier dernier. Le président américain avait alors déclaré que le budget de la défense devrait passer de 1000 milliards de dollars en 2026 (avant les rallonges liées à la guerre en Iran) à 1500 milliards de dollars en 2027.
Cette hausse du budget du Pentagone pourrait mettre encore un peu plus la pression sur les finances publiques américaines. Avant la guerre en Iran, le Congressional Budget Office, l’organe du Congrès chargé de surveiller le budget américain, avait estimé que le déficit public US devrait s’élever à 1900 milliards de dollars en 2026, soit 5,8 % du PIB américain. Cette dépense supplémentaire de 200 milliards de dollars pourrait donc encore aggraver la situation budgétaire.
« 200 milliards, ce n’est pas un montant gigantesque par rapport au PIB américain (NdlR : presque 33 000 milliards de dollars en 2026), déclare Koen De Leus, chef économiste de BNP Paribas Fortis. Mais cette dépense vient s’ajouter à la perte des droits de douane, suite à l’annulation décidée par la Cour suprême américaine. Cela va devenir très compliqué pour Donald Trump au niveau budgétaire. »
L’économiste avance que les droits de douane devaient rapporter « 3600 milliards de dollars sur dix ans », soit 360 milliards par an (en moyenne). « Ils devaient en grande partie compenser le coût de la big beautiful bill, estimé à 4000 milliards de dollars sur dix ans « , ajoute Koen De Leus.
guillement
Le budget américain ne pourra pas continuer à afficher un tel déficit, surtout si les taux d’intérêt continuent à monter ».
Selon l’économiste, l’accumulation des mauvaises nouvelles budgétaires pourrait pousser les marchés financiers à s’attaquer à la dette publique américaine. « Il y a 3 chances sur 4 qu’un tel scénario se produise dans les 4 ans à venir, estime Koen De Leus. Les taux d’intérêt de la dette américaine à 30 ans frôlent déjà les 5 %. Si on franchit ce seuil symbolique, qui n’a plus été atteint depuis la crise financière de 2008, les marchés n’auront plus confiance en la capacité des États-Unis à rembourser leur dette. Ce qui ferait encore augmenter les taux d’intérêt sur leur dette. »
Selon cet expert, les États-Unis ne feront cependant pas défaut sur leur dette, ce qui provoquerait un cataclysme financier mondial. « Donald Trump serait plutôt forcé par les marchés à prendre des mesures de réduction des dépenses ou de hausse des revenus, précise Koen De Leus. Le budget américain ne pourra pas continuer à afficher un tel déficit, surtout si les taux d’intérêt continuent à monter. »
Selon le chef économiste, la situation est d’autant plus précaire que les « États-Unis refinancent 80 % de leur dette à court terme ». « Ils sont donc particulièrement vulnérables à une augmentation des taux d’intérêt, précise-t-il. Jusqu’à présent, Donald Trump comptait sur une baisse des taux de la part de la Réserve fédérale américaine. Mais avec l’inflation provoquée par la hausse des prix de l’énergie, la Fed devra peut-être augmenter ses taux plutôt que les baisser. » De quoi ajouter encore un peu de pression…