1 % de la population française est touchée par l’épilepsie. Si cette maladie neurologique n’est pas rare, elle reste mal connue. On fait le point sur les idées reçues, avec l’épileptologue Norbert Khayat, de l’hôpital Médipôle de Lyon, et vice-président de l’association Épilepsie-France (infos sur epilepsie-france.com).
Les convulsions caractérisent toujours les crises.
FAUX Les symptômes sont très variables, en fonction du type d’épilepsie. La forme généralisée peut provoquer trois types de crises : tonico-cloniques (mélange de raideur et de mouvements saccadés soudains), ou bien myocloniques (secousses musculaires), ou encore par des absences épileptiques (la personne semble déconnectée du monde extérieur le temps de la crise).
Quant à la forme « focale », elle entraîne des manifestations de toutes sortes, selon les zones du cerveau touchées (troubles de la parole, sensoriels, de la mémoire…), ce qui complique son diagnostic. Entre les crises : certains symptômes s’installent parfois, tels que des troubles de la mémoire, de l’attention, de l’humeur, que l’épilepsie soit focale ou généralisée.
On peut contracter un emprunt bancaire malgré l’épilepsie.
VRAI Depuis 2022, le questionnaire de santé n’est plus obligatoire pour obtenir une assurance emprunteur quand « la part assurée par personne est inférieure ou égale à 200 000 euros et si le remboursement total du prêt est prévu avant vos 60 ans » (Source : economie.gouv.fr).
Au-delà de cette somme et de cet âge, la mention de l’épilepsie est obligatoire à l’assurance. La banque peut alors déclencher le dispositif AERAS permettant de s’assurer et d’emprunter avec un risque aggravé de santé, sous conditions particulières.
Les crises provoquent un orage électrique dans le cerveau.
VRAI Cette maladie neurologique est en effet causée par des anomalies des activités électriques du cerveau. Elles peuvent toucher une zone particulière quand il s’agit d’épilepsie dite « focale » (partielle), due à une malformation congénitale, des lésions post-traumatiques, vasculaires ou tumorales, mais dans un tiers des cas, la cause n’est pas retrouvée. Quand les crises touchent les deux côtés du cerveau, on parle d’épilepsie généralisée, souvent d’origine génétique.
On est obligé de signaler son épilepsie à son employeur.
FAUX, mais… Rien ne l’impose, en dehors de certains secteurs professionnels présentant des incompatibilités ou nécessitant une évaluation particulière (pour la conduite de trains, bateaux, avions, le port d’armes dans les armées ou la police, la plongée…). Mais en parler à son employeur et au médecin du travail peut faciliter le vécu professionnel. Faire part d’une RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé) permet, en outre, d’être comptabilisé dans les effectifs de travailleurs en situation de handicap de l’entreprise, et d’accéder plus facilement à des aides compensatoires.
On peut conduire en étant épileptique.
VRAI, mais… Rien n’empêche de passer un permis pour des véhicules légers (A, A1, A2, B, B1, EB) et la loi autorise la conduite même si l’on est épileptique. Mais tout détenteur d’un permis de conduire, se sachant touché par la maladie, doit solliciter un médecin agréé. Celui-ci émet un avis médical sur l’aptitude à la conduire en renseignant un formulaire Cerfa (n° 14880*02 « Permis de conduire – Avis médical »). Le feu vert est donné à condition d’être stabilisé et de ne pas avoir fait de crises depuis au moins un an, sous réserve de suivi médical spécifique et d’avoir un traitement compatible avec la conduite.
Quand on est épileptique, il est possible de faire des études.
VRAI La maladie n’affecte pas elle-même l’intelligence et les capacités scolaires, surtout quand les traitements la stabilisent et limitent les troubles de la mémoire ou de l’attention parfois associés. Certaines formes d’épilepsie subordonnées à des AVC peuvent cependant impacter certaines fonctions cognitives.
En dehors des médicaments, il n’y a rien à faire pour éviter les crises.
La régularité du rythme de vie et la préservation d’un sommeil régulier sont des facteurs stabilisants de la maladie. De même, les techniques psychocorporelles qui apportent une détente profonde et développent le self-control (sophrologie, yoga, méditation, etc.), aident à mieux gérer les crises.
Les traitements permettent de la stabiliser.
VRAI, le plus souvent Plus de 70 % des patients sont équilibrés par leur traitement et peuvent vivre une vie presque normale. Plus d’une vingtaine de médicaments antiépileptiques sont disponibles, comme la carbamazépine, l’acide valproïque, la lamotrigine, etc., pour citer les plus prescrits, ou comme l’Ontorzy, le plus récent. Les nouveaux traitements sont souvent mieux supportés.
Hélas, plus d’un quart des patients sont pharmacorésistants, mais des alternatives thérapeutiques peuvent leur être proposées : la chirurgie, dans certains cas d’épilepsie partielle, grâce à des techniques précises, et parfois même par laser ; et la stimulation électrique donne aussi des résultats (via l’implantation d’électrodes en profondeur, ou plus superficiellement par voie sous-cutanée pour stimuler le nerf vague, ou encore transcrânienne et non invasive).