Un premier test dans le Donbass

Des premiers tests ont déjà été effectués en Ukraine en janvier afin de vérifier comment les drones liégeois se comportent en zone de brouillage. La prochaine étape, ce sera d’attaquer des cibles réelles. « La charge peut exploser à l’impact ou avant. » Les drones de ALX Systems fonctionnent de manière autonome. Une fois qu’ils sont lancés, ils peuvent atteindre leur cible sans guidage humain. « C’est comme une roquette: quand elle est partie, elle est partie… » Car il y a très peu de chances que le guidage à distance soit garanti jusqu’à la cible en raison des brouillages d’ondes. « On a déjà testé le drone dans le Donbass mais sans combat. On a testé l’électronique et le GPS. » Le premier constat de Geoffrey Mormal, « c’est que, ici (en Belgique), tout marche. Mais est-ce que ça marche en Ukraine? »

Assemblés en une heure

Ce n’est pas vraiment le marché de la défense que ciblait cet informaticien. « Ce marché n’existait pas avant. Je suis gradué en informatique industriel et je m’étais dit que ce serait intéressant de mettre un ordinateur dans un hélicoptère téléguidé. » C’est en 2008 qu’il a créé ce prototype pour s’aligner sur les premiers drones venus de Chine « et qui tenaient tout seul dans les airs. » Quatre ans plus tard, il créait sa société. « Le marché de la défense est le seul qui existe actuellement. Je ne suis pas réellement soutenu mais j’ai des partenaires industriels très actifs. » Ces drones seront très certainement à usage unique et ne reviendront pas de mission. « On est à 5000 € hors charge, ce qui est cinq fois moins cher que le marché. On a tout développé dans un esprit d’industrialisation. On a développé les composants pour que ce soit du low-cost et sans risque. Une table et une boîte à outils suffisent et on peut monter le drone en une heure. »