
Le cortège vers le cimetière était précédé par une photo géante de l’acteur. ©JACOVIDES-MOREAU / BESTIMAGE
Loin des artifices, Bruno Salomone cultivait la discrétion sur l’île Fanac, havre de verdure sur la Marne. « On faisait notre marché ensemble dans le haut de Joinville, se souvient Sabrina, 55 ans. C’était quelqu’un de très simple, abordable, qui ne se prenait pas la tête. »
Une couronne de fleurs multicolores témoigne de cet ancrage local : « Habitants, voisins et amis de l’île Fanac ». La ville de banlieue parisienne a l’habitude de côtoyer des personnalités. « Laurent Voulzy habite aussi à Joinville, glisse Jérôme Blade, 66 ans. Mais perdre Bruno, c’est un peu de nous-mêmes qui s’en va, on a l’impression qu’on l’a toujours connu. »
Brigitte, une de ses anciennes collaboratrices, confirme : « C’était un homme d’une infinie délicatesse. Même les inconnus ont le sentiment de perdre un proche. »
« Poète fou » selon James Huth
Durant la messe, James Huth, le réalisateur franco-britannique de Brice de Nice, a rendu hommage à son ami, ce « poète fou », qui est « parti avec élégance. »
Le prêtre a salué le combat d’un « guerrier » face à la maladie, avant que le cercueil soit porté par six personnes, dont l’acteur Jean Dujardin, avec qui Bruno Salamone avait fait ses débuts au sein des Nous c Nous.

L’acteur Jean Dujardin était présent, fort marqué par le décès de son ami. ©Copyright (c) 2026 Shutterstock Editorial. No use without permission.
Le cortège a ensuite entamé une lente déambulation via l’avenue du Général Gallieni jusqu’au cimetière communal à un kilomètre de là.
Dans la foule se pressent ses anciens complices des Nous c Nous, mais aussi toute la distribution de la série Fais pas ci, fais pas ça (Guillaume de Tonquédec, Valérie Bonneton, Isabelle Gélinas…), qui l’a consacré auprès du grand public dans le rôle de Denis Bouley. On a aussi pu reconnaître le chanteur Cali, les animateurs de TF1 Jean)-Luc Reichmann et Laurent Mariotte, l’humoriste Jean-Luc Lemoine, les actrices Romane Bohringer et Héléna Noguerra ou encore le réalisateur Philippe Dejoux.

Guillaume de Tonquedec (Renaud Lepic dans Fais pas ci, fais pas ça) était présent avec le reste du casting de la série. ©Copyright (c) 2026 Shutterstock Editorial. No use without permission.
Certains sont venus de loin, comme Cyril, directeur de mairie, parti à 4 h 30 du matin pour parcourir 1 200 kilomètres depuis la Drôme avec son fils. « Cette série a accompagné toute notre vie, on tenait à être là ».
Corinne, 64 ans, se rappelle avec tendresse de son humour « burlesque », évoquant ses irrésistibles sketchs sur le cochon d’Inde.
Au cimetière, sur fond de Si tu n’existais pas de Joe Dassin et sous une nuée d’applaudissements, l’heure est aux souvenirs intimes, autour de son épouse Audrey et de sa maman. Les prises de parole s’enchaînent autour du cercueil. Toute l’équipe de Fais pas ci fais pas ça ouvre les hommages « au meilleur des partenaires, humble et pudique » même « pendant le cauchemar de la maladie ».
Des amis rappellent son exigence créative, sa célèbre Audi bordeaux, et sa générosité, rappelant le courage indéfectible de sa femme, qualifiée de « warrior » (guerrière). Un de ses camarades résume l’esprit de l’artiste, atteint de misophonie : « Cherche pas t’as tort, je suis collector. Oui l’ami tu étais collector, unique ».
Devant la tombe, où trône une plaque de marbre portant l’inscription « Bruno Salomone 1970-2026 », Stéphane, 54 ans, se remémore avec nostalgie leurs cours d’improvisation théâtrale à l’Olympia dans les années 1990 : « Il imitait à merveille Louis de Funès. Je l’aimais bien, jamais personne m’a fait rire comme ça ».