Acheter une Lamborghini Diablo VT en
pensant à une belle supercar, la revendre, puis réaliser qu’elle
cache un passé de pace car unique. Entre enquête, regrets et
seconde chance, cette histoire réserve quelques sueurs froides.

Vendre une supercar en pensant faire une bonne opération, puis
découvrir après coup qu’on vient de laisser filer un morceau
d’histoire… c’est exactement ce qui est arrivé aux propriétaires
d’une Lamborghini Diablo pas si banale qu’elle en
avait l’air. Sur le papier, il s’agissait d’une Diablo VT noire,
intérieur gris, quelques détails un peu bizarres comme des prises
d’air sur le capot, mais rien qui crie « prototype de légende »,
selon ItalPassion.

Ce n’est qu’en creusant, puis en la voyant partir chez un
nouveau propriétaire, que l’histoire prend une autre dimension. Car
derrière cette « simple » Diablo VT, il y avait une
ancienne pace car du championnat IndyCar des années 1990,
profondément modifiée, puis ramenée en Europe et transformée en
voiture de route presque anonyme. Une métamorphose qui a longtemps
masqué sa vraie nature… jusqu’au moment où ses propriétaires ont
décidé de s’en séparer, sans imaginer à quel point ils allaient le
regretter.

Une Lamborghini Diablo VT au passé de pace car, longtemps
méconnu

Tout est parti de quelques photos d’époque. Dans les années
1990, le championnat IndyCar utilisait des pace cars spectaculaires
sponsorisées par PPG. Parmi elles, une Lamborghini Diablo
noire avec marquages spécifiques et modifications
visibles. En recoupant les images, les propriétaires comprennent
qu’il s’agit bien de leur auto, mais sans réussir au début à
reconstituer toute sa trajectoire. Ils savent qu’elle a servi de
pace car, sans encore mesurer tout ce que cela implique.

Un détail les intrigue particulièrement : une étrange prise
d’air sur le toit, ce fameux « roof scoop ». Sur une Diablo VT censée
être de série, cela ne colle pas. L’explication arrive grâce à des
vidéos anciennes et au témoignage d’un technicien de la marque. La
voiture a été équipée à l’époque d’un kit Yota, une préparation
usine extrêmement rare, normalement réservée à la Diablo SE30. Ce
kit a été démonté après la casse du moteur lors d’un événement à
Laguna Seca. Pendant des années, plus personne ne sait ce qu’il est
devenu. Jusqu’à ce qu’un collectionneur confirme qu’il
le possède encore. Après des négociations, le kit Yota d’origine
est récupéré. Même incomplet, il permet de reconnecter la voiture à
sa configuration de pace car, et une restauration minutieuse est
lancée pour la rapprocher au maximum de son état d’époque.

Une Lamborghini Diablo vraiment unique, vendue… puis
rachetée

La confirmation officielle tombe lors de la certification par
Lamborghini Polo Storico. En parcourant le
dossier, les propriétaires découvrent une information qui change
tout. Leur auto n’est pas seulement une ex-pace car remise en
configuration route. Elle a été construite spécialement pour le
marché américain, avec une combinaison inédite : une Diablo VT à
transmission intégrale équipée d’un kit Yota monté en usine.
Autrement dit, la seule Diablo à quatre roues motrices avec kit
Yota jamais produite. Une pièce réellement unique au monde, conçue
pour la démonstration et le spectacle, avec arceau de sécurité,
harnais, pare-chocs spécifique et une préparation moteur radicale à
l’origine.

Malgré cette histoire hors norme, la voiture est finalement
vendue à un collectionneur passionné,
spécialisé dans les Lamborghini Diablo. Sur le moment, la décision
se tient. L’auto part entre de bonnes mains, chez quelqu’un qui
aime le modèle. Sauf qu’avec le recul, les vendeurs réalisent peu à
peu ce qu’ils viennent de laisser partir. Une voiture unique au
monde, parfaitement documentée, avec un passé de pace car officiel,
restaurée avec son kit Yota d’origine retrouvé. Le genre
d’opportunité qu’on ne croise qu’une seule fois dans une vie. Le
doute s’installe, puis un énorme regret.

Pour eux, l’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais une nouvelle
opportunité se présente. Le collectionneur qui a acheté la Diablo
est prêt à s’en séparer. Cette fois, il n’est plus question
d’hésiter. Les anciens propriétaires décident de la racheter et de
la faire revenir entre leurs mains. La voiture est désormais
utilisée pour raconter son parcours, à travers du contenu et des
événements, et elle a même été invitée en Italie pour le 60e
anniversaire de Lamborghini. Une pièce centrale d’un patrimoine
automobile très particulier, que ses propriétaires n’envisagent
plus de voir quitter leur garage.