Dans le coin salle à manger, mur recouvert de carrelage Cimento. Table et chaises en bois de Henry Timi. Fauteuil tournant de Charlotte Perriand, réédité par Cassina. Vase de Gaetano Pesce et set de carafe et verres de 6:AM. Suspension de QU Lighting. Au mur, œuvre de Gioia Di Girolamo.
Murs, sols, plafonds, mobilier sont nimbés d’une douce tonalité ivoire. Pas vraiment blanc, mais plutôt une nuance crémeuse et caressante qui insuffle chaleur et profondeur au lieu, tout en lui apportant légèreté et calme. « Je ne dirais pas exactement que cet endroit me ressemble, mais plutôt qu’il me complète. Je travaille avec des couleurs toute la journée, j’ai donc besoin chez moi d’un espace qui me permette de trouver l’équilibre et de décompresser », avance Daniele Lora, qui nous ouvre les portes de son domicile milanais. Daniele Lora est le directeur artistique de cc-tapis, un éditeur italien ayant insufflé un vent nouveau dans le domaine des revêtements de sol. Collaborant avec des designers reputés, comme Patricia Urquiola, Muller Van Severen et Faye Toogood, il développe des propositions conceptuelles, impactantes, novatrices. « Le tapis est un produit qui me permet d’expérimenter librement tout en produisant quelque chose qui est fait pour durer, un objet à chérir et à transmettre, ce qui est de plus en plus rare aujourd’hui. Chez moi, j’ai choisi de placer le tout premier prototype de la collection “Hypercode” de Roberto Sironi, un projet auquel je crois fermement. »
Dans le salon, un canapé signé Cini Boeri pour Arflex accompagne une table en verre et métal de NM3. Tapis cc-tapis dessiné par Roberto Sironi. Au mur, un tube lumineux de QU Lighting.
L’appartement de Daniele Lora est situé près de la gare de Milan-Centrale. Imposante, monumentale, celle-ci a été construite dans un style à mi-chemin entre néoclassicisme et rationalisme, sous l’ère mussolinienne. Non loin, dans la zone de Porta Nuova, se hissent des gratte-ciel de verre et d’acier. Le quartier développe une architecture urbaine mixte, entre réhabilitations de bâtiments anciens et constructions neuves, intégrées dans un tissu urbain dense. « C’est un endroit en constante effervescence, mais mon appartement y est un havre de paix et d’intimité. J’ai immédiatement été fasciné par la hauteur des fenêtres, la lumière naturelle et l’agencement entièrement ouvert, sans mur porteur. Cela m’a suggéré des possibilités infinies de nouveaux aménagements. » Le lieu est désormais articulé en un vaste triple espace de vie intégrant cuisine, salon et salle à manger, complété de deux chambres. Il dispose également d’une petite terrasse permettant de prendre les repas à l’extérieur — une extension de l’espace de vie fort agréable pendant les mois les plus chauds. « J’avais une vision claire de l’atmosphère que je souhaitais créer, mais le projet a été développé par mon ami l’architecte Aldo Parisotto du Studio Parisotto + Formenton. Les faux plafonds et les murs carrelés, aux motifs circulaires, s’inspirent d’une frise architecturale sur la façade du bâtiment, quand l’îlot de la cuisine, en travertin, rythmé de rainures façon colonnes antiques, dialogue avec la gare de Milan-Centrale, que je peux voir depuis mes fenêtres. Je tenais à tisser un lien entre l’environnement extérieur et mon intérieur. »
Îlot de cuisine en travertin sculpté de Henry Timi. Chaise Spade de Faye Toogood.
Cet îlot central, tout comme les fauteuils et la table en bois, a été conçu par l’artiste- designer Henry Timi. Daniele Lora apprécie particulièrement son sens des proportions et la pureté des matériaux naturels qu’il emploie. « J’aime vivre entouré de pièces réalisées par des personnes dont je respecte vraiment le travail. D’autres objets sont conçus par 6:AM, qui s’emploie à moderniser le travail du verre de Murano, et NM3, qui fait largement usage du métal. Leurs approches des matériaux et des formes m’inspirent profondément », précise le directeur artistique. Dans la chambre, on retrouve un fauteuil Puffy de Faye Toogood, assise sculpturale au revêtement amovible matelassé, enveloppant et douillet, dont la forme généreuse se répand librement sur les côtés d’un cadre en acier tubulaire des plus rigoristes. « Faye Toogood est une designer avec laquelle nous collaborons souvent chez cc-tapis. Je ne pouvais pas ne pas avoir une de ses créations chez moi », ajoute-t-il.
Dans la chambre, applique dite Lampe de Marseille, de Le Corbusier, rééditée par Nemo Lighting.
Un siège sculptural en pierre de Henry Timi trône dans la douche.
Daniele Lora œuvre actuellement aux nouvelles collections de l’éditeur qui seront présentées en 2026 durant le Salone del Mobile. Elles incluront une collaboration avec une marque milanaise historique. Il élabore de concert la prochaine campagne de communication de cc-tapis qui met en avant l’histoire des lieux, des personnes et des techniques liées à la production. cc-tapis fait tisser à la main au Népal ses productions résolument contemporaines, dans des matériaux naturels comme la laine de l’Himalaya, la soie ou le chanvre. Un pied à Milan, l’autre en Asie du Sud.
Une lampe Pipistrello de Gae Aulenti, éditée par Martinelli Luce, est disposée sur une table d’appoint en métal
de NM3.