Son départ imminent vers la Station spatiale internationale,
Sophie Adenot s’apprête à franchir une étape
majeure de sa carrière. Mais une question se pose. Alors que
l’astronaute française s’apprête à vivre en orbite pendant
plusieurs mois, qu’en est-il de sa vie personnelle ?
Tout comme ses confrères et consoeurs Sophie Adenot laisse sur
Terre ses proches et sa famille. Mais si le spationaute français a
choisi de ne pas avoir d’enfant avec
sa compagne Anne Mottet, la militaire a fait l’autre choix.
Maman, elle va vivre son rêve, loin de son enfant.
Sophie Adenot dans la lignée de Thomas Pesquet et Claudie
Haigneré
Sélectionnée par l’Agence spatiale européenne parmi plus
de 20 000 candidats, la lieutenant-colonel de l’armée de
l’Air s’inscrit dans la
continuité des grandes figures françaises de l’espace. Après
Claudie Haigneré et Thomas Pesquet, elle s’apprête à devenir la
deuxième femme française à effectuer un vol
spatial. Une reconnaissance obtenue au terme de près de
trois ans d’entraînement intensif, entre préparation physique,
simulations techniques et apprentissage de la vie en
microgravité.
Baptisée εpsilon, sa mission doit durer environ neuf
mois, soit plus longtemps que la moyenne habituelle des
séjours à bord de l’ISS. Cette durée implique une absence
prolongée, avec tout ce qu’elle suppose sur le plan personnel.
Contrairement à Thomas Pesquet, qui a fait le choix
assumé de ne pas avoir d’enfants, Sophie Adenot est mariée
et mère d’un jeune enfant. Un élément rarement mis en avant, mais
qui donne une autre lecture de son engagement professionnel.
Sophie Adenot et Thomas Pesquet face aux contraintes du métier
d’astronaute
Thomas Pesquet avait expliqué très clairement les raisons de son
choix lors d’un entretien sur France Inter. « Cela aurait été
une décision facile pour moi parce qu’elle aurait reposé
entièrement sur les épaules de ma partenaire justement. Moi,
je n’allais pas arrêter mon travail »,
avait-il confié. Avant d’ajouter : « Comme j’allais jamais être
là, ça allait être à elle de tout arrêter pour assumer ça
toute seule. Je ne trouvais pas ça juste. » Une
réflexion qui souligne le poids des absences répétées dans un
métier où la passion laisse peu de place aux compromis.
Le parcours de Sophie Adenot montre qu’une autre organisation
est possible, même si elle implique des contraintes
fortes. À bord de l’ISS, elle mènera de nombreuses
expériences scientifiques et techniques,
participera à des opérations de maintenance et de robotique, et
testera des dispositifs médicaux innovants, notamment des systèmes
d’échographie assistée par réalité augmentée. Des travaux dont
certaines applications sont déjà envisagées sur Terre, en
particulier dans les zones médicalement sous-dotées.
© Pool/ABACA/Shutterstock
Les
parcours de Sophie Adenot et de Thomas Pesquet illustrent deux
manières différentes de composer avec les contraintes personnelles
et professionnelles du métier d’astronaute
Sophie Adenot et Thomas Pesquet, des
parcours différents mais un même engagement
Sa mission comporte aussi une dimension éducative
importante. En parallèle de ses recherches, l’astronaute
participera à des projets destinés aux élèves français, notamment
autour de la culture scientifique et du vivant. Un engagement
cohérent avec ses prises de parole publiques, où elle rappelle
régulièrement que « les femmes représentent 50 % de la
population » et qu’il n’y a « pas de raison »
qu’elles soient moins présentes dans les métiers de
l’espace.
Qu’il soit confirmé ou finalement repoussé, le départ de Sophie
Adenot vers l’ISS met en évidence une
trajectoire distincte de celle de Thomas Pesquet, qui a
expliqué avoir privilégié sa carrière au détriment de la paternité,
tandis que l’astronaute française aborde cette mission en
étant déjà mère de famille, illustrant ainsi des
parcours personnels différents au sein d’un même métier aux
contraintes particulièrement exigeantes.