Bien que les grands laboratoires pharmaceutiques fassent actuellement des efforts pour recycler plus efficacement leurs déchets et mieux tirer parti des énergies renouvelables, le secteur reste responsable de 4,4 % des émissions de CO2 au niveau mondial, ce qui est considérable.

La fabrication de la plupart de nos médicaments, notamment les antalgiques comme le paracétamol, de nombreux antibiotiques, ainsi que divers excipients utilisés dans les comprimés, gélules et dispositifs médicaux, repose encore sur la pétrochimie.

En Écosse, à l’université d’Édimbourg, les chercheurs du laboratoire Carbon-Loop Sustainable Biomanufacturing Hub (C-Loop), spécialisés dans l’ingénierie biologique, ont trouvé, pour la première fois, un moyen écologique pour soigner la maladie de Parkinson. C’est ce que démontre une étude publiée par Nature Sustainability.

La seconde vie du PET

Concrètement, cette approche exploite la capacité de certaines bactéries à transformer le PET (Polytéréphtalate d’éthylène), un polyester utilisé pour fabriquer des bouteilles résistantes et légères dont la production mondiale est évaluée à 50 millions de tonnes par an, en L-DOPA, précurseur de la dopamine, qui est actuellement le médicament le plus utilisé dans le traitement de cette maladie neurologique.

Une étude menée par l'Université Waterloo explore une piste prometteuse pour réduire les microplastiques qui envahissent nos mers et océans : utiliser l’énergie solaire pour transformer ces fragments persistants en un composé utile, l’acide acétique. © uladzimirzuyeu, Adobe Stock

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Ces chercheurs viennent de transformer du plastique en un ingrédient que vous avez sûrement dans votre cuisine

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Pour entrer dans le détail, le procédé consiste d’abord à décomposer par hydrolise les résidus plastiques en acides téréphtaliques, leurs constituants chimiques de base. Les molécules d’acide téréphtalique sont ensuite transformées en L-dopa grâce à une série de réactions enzymatiques produites par des bactéries Escherichia coli (E-coli) génétiquement modifiées, mais inoffensives pour l’être humain, produisant ainsi un traitement efficace contre Parkinson.

La maladie de Parkinson touche des millions de personnes dans le monde. © Institut du CerveauBiomédicaments décarbonés

À résultat thérapeutique égal, cette innovation est nettement moins polluante que les procédés pharmaceutiques traditionnels. Tout d’abord, parce qu’elle ne repose pas sur des sous-produits des combustibles fossiles, ce qui fait qu’elle émet beaucoup moins de CO2 à chaque étape de la chaîne de production. Ensuite, parce qu’elle permet de sublimer le plastique, un matériau qui a un impact très important sur l’environnement, en nouvelle ressource pour la médecine.

Cette avancée illustre la percée des biomédicaments, fabriqués à partir de composés naturels, qui permettent désormais de traiter un nombre toujours plus important de pathologies.

Une bactérie génétiquement reprogrammée pouvait convertir des déchets plastiques en paracétamol. © LP, ChatGPT 

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Ce médicament consommé par des millions de personnes pourrait bientôt être fabriqué… à partir de plastique recyclé !

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Précédemment, les chercheurs du laboratoire Carbon-Loop avaient démontré que le même procédé de transformation du PET pouvait servir à fabriquer de la vanilline, un composé chimique organique hautement aromatique qui a des effets anticancéreux, antidiabétiques, antioxydants, antimicrobiens et anti-inflammatoires, mais aussi du paracétamol, l’antidouleur le plus utilisé au monde.

La L-dopa vient donc s’ajouter à une palette croissante de molécules obtenues par bio-valorisation.