La pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 7 millions de morts dans le monde et contraint près des deux tiers de la planète à des mesures drastiques inédites, a mis à jour à quel point les sociétés n’étaient pas préparées à faire face à des virus émergents respiratoires. Mauvaise gestion, évaluation tardive de la gravité de la situation, manque de culture scientifique et biomédicale de la part de la classe politique…

Six ans plus tard, la situation a-t-elle vraiment changé ? La refonte de Santé Publique France, annoncée le mois dernier par le gouvernement et qui va priver l’agence de son autonomie et de son rôle opérationnel dans la prévention et la promotion de la santé, n’envoie pas un bon signal.

« La pandémie nous a appris qu’il fallait au contraire largement investir dans la prévention, alerte Mircea Sofonea, épidémiologiste à l’université de Montpellier et au CHU de Nîmes. On se retrouve aujourd’hui dans une situation presque similaire à celle de début 2020 sauf que méthodologiquement, nous avons de nouveaux outils, boostés notamment à l’IA, et une prise de conscience mais d’une partie seulement, de la population et des pouvoirs publics, ce qui reste largement insuffisant. »

Gestion de l’incertitude

Le projet PReViX (préparation pandémique au virus respiratoire X) est issu du Programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) « Maladies infectieuses émergentes », un dispositif doté de 70 millions d’euros. Porté par Mircea Sofonea et doté de 1,4 millions d’euros, il ambitionne de développer un cadre de réponse scientifique et opérationnel capable de détecter, modéliser et anticiper l’émergence de futurs virus respiratoires dès leurs premiers signaux.