Il s’est aussi fait connaître pour son militantisme pour des causes allant à l’encontre de l’Église en célébrant un mariage homosexuel. Toute sa vie était consacrée aux personnes en grande difficulté… qui auraient subi des abus sexuels de la part du prêtre.
Précisons que l’homme religieux est décédé en 2023, des suites d’une maladie à 79 ans, mettant fin à une enquête judiciaire en cours. « Le décès de la personne accusée entraîne l’extinction de l’action publique », nous a confirmé le Parquet de Liège.
« Il a profité de sa position pour abuser d’eux régulièrement »
Néanmoins, ce sont 13 personnes qui ont aujourd’hui tenté de dévoiler une image bien plus sombre du prêtre selon une enquête de Médor. Les victimes l’accusent en effet d’agressions sexuelles et de viols sur des hommes sans-papiers et en situation de grande précarité. En 2018 déjà, l’ASBL Point d’Appui Aide aux personnes sans papiers tirait la sonnette d’alarme, aux côtés de l’association Cap Migrant. Une alerte qui fait de nouveau écho en 2026 grâce à cette lettre. Notons aussi qu’en 2025, le trimestriel d’investigation Medor publiait une enquête à ce sujet, intitulée « Saint Germain et frère Dufour« .
« Un auteur d’abus sexuels sur adultes vulnérables a sévi à Liège entre 1970 et 2023. Il faisait partie d’un ordre religieux et mourut en 2023. Il était engagé au niveau de l’aide sociale dans le milieu des sans-abri et a profité de sa position pour abuser d’eux régulièrement », indique le courrier signé de la main de Jean-Pierre Delville, Évêque de Liège.
« Une personne a déposé plainte officiellement. Il est possible que d’autres personnes aient été victimes de cet homme. Elles peuvent prendre contact avec le Point de contact mis en place par l’Église de Belgique. »
« Encourager les potentielles victimes à porter plainte »
Une information exclusive qui nous a donc été confirmée par le responsable communication du Diocèse de Liège. « Il y a eu des rumeurs mais l’enquête ne permet pas de divulguer un nom. Le but de ce courrier est surtout d’encourager les potentielles victimes à porter plainte. Point de contact permet cela. C’est un organisme indépendant de l’Église qui écoute les victimes et les guide au cas par cas. Nous prenons ces accusations très au sérieux. Le but est bien évidemment que cela ne se reproduise plus », affirme le porte-parole du Diocèse de Liège qui insiste sur l’importance de libérer la parole.
« Il y a eu 13 personnes qui ont dénoncé ces abus mais il y en a beaucoup plus. Cela a été très dur de me reconstruire mais j’ai appelé Point de contact et ils ont été à l’écoute et très humain. Il y a encore des nuits très difficiles malheureusement », raconte une victime.
Une affaire qui n’est pas sans rappeler celle de l’abbé Pierre en France, visé par des accusations de violences sexuelles. Ainsi, Germain Dufour était accusé de profiter de son statut pour agresser des personnes dans une situation précaire.
Un dossier difficile a admettre par le Diocèse. « Cela va ternir notre image mais cette transparence a pour but d’inciter d’autres victimes à porter plainte pour libérer la parole, que les victimes ne se sentent pas seules et qu’elles puissent entamer un processus de guérison », conclut le responsable communication du Diocèse de Liège.