Pour les jurés, purger ce radiateur était un prétexte fallacieux, première phase du dessein criminel de Jessica Lancini. Celle-ci ne supportait pas l’idée que Nicolas Degand puisse obtenir l’hébergement égalitaire de leurs enfants alors que le couple était en instance de divorce.

L’arrêt rendu mardi soir estime que les violences commises dans la chambre en présence d’abord de Jessica Lancini, rejointe par sa mère ensuite, ne sont pas le fait de Nicolas Degand : celui-ci n’a fait que se défendre contre l’agression très violente des accusées jusqu’au coup de couteau fatal porté par Élisabeth Simaz.

La thèse de la légitime défense, évoquée par les accusées, n’est pas retenue par les jurés. Ceux-ci estiment également que l’étranglement que dit avoir subi Jessica Lancini de la part de son mari manque de vraisemblance, aucune trace n’ayant été objectivée. Par contre, l’étranglement et le début d’asphyxie subi par Nicolas Degand, et dont les accusées n’ont jamais parlé, sont établis par les constatations du légiste.

Le jury souligne aussi qu’une fois le coup de couteau fatal porté dans le cou de Nicolas Degand, aucune des accusées n’a tenté de lui porter secours. Elles ne se sont désolidarisées l’une de l’autre à aucun moment, et l’appel aux services de secours n’a été passé qu’une fois la certitude que la mort était intervenue.

En ce qui concerne la préméditation, elle est retenue dans l’arrêt pour Jessica Lancini, mais les jurés estiment qu’elle n’est pas établie au-delà de tout doute raisonnable pour Elisabeth Simaz. Cette dernière est donc déclarée coupable de meurtre, alors que sa fille est déclarée coupable d’assassinat.

La cour d’assises reprendra ses débats mercredi matin pour statuer sur la peine à infliger aux deux accusées.