Le prix du gaz a augmenté de 85 % sur les marchés : faut-il craindre une nouvelle flambée des factures ? « Ne plus être dépendant du marché, chez soi »La Belgique, dépendante à 8%

Actuellement, environ 8 % du GNL transitant par le port de Zeebruges provient du Qatar. Mais ce chiffre doit être replacé dans son contexte : le GNL ne représente lui-même qu’environ 30 % des importations totales de gaz de la Belgique.

Par ailleurs, ces 8 % de GNL qatari ne sont pas destinés uniquement à la consommation belge. Le terminal de Zeebruges joue en effet un rôle stratégique à l’échelle européenne : une part importante du GNL qui y transite est réexportée vers d’autres pays, notamment l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas.

La Belgique voudrait se tourner vers la Norvège

La Belgique voudrait développer les capacités d’importation du gaz norvégien sous forme liquéfiée (GNL), a indiqué mardi le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, à l’issue d’un entretien avec son homologue norvégien Espen Barth.

Dans le cadre de la visite d’État du couple royal dans le royaume scandinave, les deux ministres ont évoqué la question de l’énergie. L’enjeu est crucial dans les relations entre les deux pays à l’heure où la crise menace de s’installer dans une bonne partie du monde.

La Norvège est le premier fournisseur de gaz de la Belgique. L’an dernier, 36% du gaz naturel consommé en Belgique venait du royaume scandinave par un pipeline long de 800 kilomètres connecté à Zeebruges. Face au blocage du détroit d’Ormuz depuis l’attaque lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, et aussi en raison de la destruction d’infrastructures gazières au Qatar, les prix commencent à flamber.

Une solution passant par la Norvège n’est toutefois pas à portée de main, à entendre M. Barth. La guerre en Ukraine a déjà contraint les pays européens à se tourner davantage vers la Norvège.

« La Norvège est maintenant le premier fournisseur d’énergie en Europe, y compris pour la Belgique. Nous voulons produire au maximum de nos capacités mais, pour être vraiment honnête, nous ne pouvons plus faire tant que cela. Nous sommes au maximum, mais nous continuons à développer pour être un partenaire à long terme, un fournisseur majeur, aujourd’hui et demain, en mesure de compenser avec du gaz norvégien », a-t-il expliqué à l’issue de l’entretien avec son homologue belge.

M. Prévot voit une opportunité dans le gaz naturel liquéfié, transporté par bateau. En effet, Zeebruges est également l’un des hubs européens de GNL, qui provient entre autres du Qatar touché de plein fouet par les ripostes iraniennes.

« Le pipeline entre nos deux pays est au maximum de ses capacités. Il n’y a plus un mètre cube de disponible. Mais nous devons profiter de cette visite d’État pour développer d’autres potentialités comme le GNL. Au port de Zeebruges, il y a des slots pour en accueillir davantage. D’autant plus qu’avec le Qatar, dont les infrastructures gazières ont été touchées, on risque d’être dépourvu de l’approvisionnement venant du Moyen-Orient à brève échéance », a-t-il souligné.