Leur situation n’était plus tenable. Ce mardi 24 mars, M6 diffusait un nouveau numéro de Cauchemar en cuisine dans lequel Philippe Etchebest est intervenu afin de venir en aide à Isabelle et Sébastien. Les deux gérants du restaurant La Sarriette à Médière ont repris une affaire en liquidation judiciaire un an et demi avant le tournage. Malheureusement, les clients n’étaient pas au rendez-vous.
Dans une interview accordée à Télé-Loisirs, Isabelle, 39 ans, est revenue sur le tournage, organisé à la fin du mois de janvier. Elle nous explique à quel point le programme a chamboulé ses habitudes et nous donne des nouvelles de son établissement depuis le départ des équipes, ainsi que de sa famille, elle qui était obligée de se rendre aux Restos du cœur pour nourrir ses cinq enfants.
« Il ne se déplace pas pour rien » : Isabelle (Cauchemar en cuisine) revient sur le passage de Philippe Etchebest
Télé-Loisirs : Votre mari Sébastien vous a inscrits à l’émission. Vous en avait-il parlé ?
Isabelle : Pas du tout ! On avait eu une série de mauvais courriers, il s’est dit que l’émission n’allait pas venir dans notre petit village perdu. Mais ça le rassurait de le faire. Il m’en a parlé dès qu’il a eu une réponse de la production par mail. Je me suis dit qu’on allait tenter, ça ne coûtait rien.
Vous avez repris un restaurant en liquidation judiciaire. Qu’est-ce qui n’allait pas ?
Le patron a fait un burn-out. Au moment de reprendre, j’ai passé une formation durant laquelle on nous a dit que gérer une entreprise est compliqué et qu’il faut attendre 3 à 5 ans pour que ce soit viable. C’est embêtant parce qu’on a des enfants, on n’est pas tout seuls, il faut aussi qu’on puisse les nourrir.
Vous fondez en larmes lorsque vous voyez Philippe Etchebest. Pourquoi cette réaction ?
C’est un gros soulagement. S’il vient, c’est qu’il pense que ça peut fonctionner, qu’il a confiance en nous et en l’emplacement du restaurant. Il ne se déplace pas pour rien, ça redonne du baume au cœur.
Il fait une remarque sur l’hygiène de Sébastien qui prenait tout avec les doigts…
Les gens qui nous critiquent font à manger chez eux comme lui ! C’était un réflexe, il y avait 40 personnes dans la salle, il devait envoyer, aller le plus vite possible alors il prenait avec ses mains. Mais il ne le fait plus ! [Elle rit.]
Le chef est surpris par votre efficacité. Ça fait plaisir d’entendre un compliment de sa part ?
Oui, je ne m’y attendais pas. Tout le monde me dit que je carbure mais je ne m’en rends pas compte. Je suis dans mon travail. Je ne m’étais pas mis de pression pour ce service. J’en ai déjà fait de plus gros, avant d’être maman. Il fallait que je me remette dans le bain, c’est tout.
Philippe Etchebest ému par le témoignage d’Isabelle et Sébastien dans Cauchemar en cuisine : « Ça fait bizarre »
Comment avez-vous vécu le gros moment de colère de Philippe Etchebest en plein service ?
Il me suivait, il me demandait si je n’avais pas honte d’envoyer de telles assiettes. C’était le gros ras-le-bol. Je savais qu’il allait essayer de nous faire sortir de nos gonds. Il a vu que Sébastien était plus calme que moi donc on savait que j’allais avoir ce rôle de méchante.
C’était sur le coup de la colère. Il est venu là pour nous aider, je voulais lui dire que j’avais entendu ses remarques. J’en perds ma voix, j’ai tellement une boule dans la gorge que je n’ai plus de voix après. Je m’en suis voulu.
Philippe Etchebest est bouleversé d’apprendre que vous allez aux Restos du cœur pour nourrir leurs cinq enfants. Comment avez-vous vécu ce moment ?
Le chef m’a dit à plusieurs reprises qu’il a été touché. Ça fait bizarre de le voir ému à ce point-là par rapport à notre situation.
Avez-vous hésité à parler des Restos du cœur ?
Dans le montage de notre dossier, on nous a demandé si on avait des soucis personnels. On avait évoqué les Restos du cœur. Ce n’était pas difficile d’en parler, c’est pour montrer aussi qu’on n’est pas forcément riche quand on est à son compte. Les gens imaginent que parce qu’on est patrons, on a plein de sous. On est comme tout le monde.
L’équipe de l’émission transforme votre restaurant. Qu’avez-vous pensé de la déco ?
On aime beaucoup. Ça change tout, on a l’impression que ce n’est pas chez nous. La page s’est tournée, ce n’est pas le restaurant d’avant. Les clients aiment beaucoup aussi, ils trouvent ça plus cocooning, plus chaleureux, ils apprécient énormément.
Avez-vous changé quelques petites choses depuis le tournage ?
Dans l’émission, ils avaient mis des chemins de table et j’ai acheté des sets de table en cuir noir. C’est réutilisable et ça se garde. Ça permet de mettre ma patte aussi.
« On a toujours besoin des Restos du cœur pour nous nourrir » : Isabelle et Sébastien se confient après le tournage de Cauchemar en cuisine
La recette de ballottine de chou farci est-elle à la carte ?
On a gardé le secret pour l’instant. On nous avait d’abord dit que l’émission serait diffusée dans six mois. Si on l’avait mise, les clients se seraient habitués et ça aurait coupé l’effet de surprise. Finalement, ce n’est pas plus mal qu’on n’attende pas six mois ! Ce sera la carte à la fin de la semaine. Sébastien s’est entraîné.
Sébastien a revu toute sa carte et ne cuisine plus que des produits frais…
On n’a plus du tout de surgelé, le moins possible en tout cas, on n’achète plus que des produits frais. Ça fait du bien de voir cette nouvelle carte, Sébastien a pris confiance en lui. Le chef l’a encouragé, ça lui a fait du bien. On a tenu compte des remarques du chef Etchebest pour modifier ce qui n’allait pas.
Vous avez vendu votre ancien matériel pour récupérer un peu d’argent…
Il ne reste plus que les anciennes tables qu’on n’arrive pas à vendre. Si les lecteurs veulent une table, ils auront peut-être la chance d’avoir celle où Philippe Etchebest a mangé ! On a revendu du mobilier de cuisine, des plans de travail, un four. Il n’y avait pas grand-chose, c’était un peu encombrant.
Il vous fallait 10 clients de plus par jour pour vous dégager un salaire. Est-ce le cas ?
Non, on a une quinzaine de clients par jour, ce n’est pas forcément fixe. Hier, on a eu deux clients à midi. Aujourd’hui, ils étaient 25. On ne se l’explique pas. On est le seul restaurant ouvert le lundi, d’habitude ça marche bien. Peut-être que les gens savent que l’émission passe et attendent de la voir.
Vous aviez 1 300 euros pour vivre à 7 personnes. Pouvez-vous dégager un plus gros salaire aujourd’hui ?
Non, il n’y a pas de plus gros salaire pour l’instant. C’est compliqué mais on ne désespère pas, on espère que ça ira mieux. On compte sur l’émission. On a toujours besoin des Restos du cœur pour nous nourrir. Il faut juste que l’on ait juste des clients qui viennent régulièrement. [Elle sourit.]