Tous nos articles consacrés à la Foire du Livre de Bruxelles

Il faut mener ce combat, même si on le perd.

Pour encourager le goût de l’effort et favoriser l’attention. Faire travailler la mémoire, lutter contre le déclin cognitif et les insomnies. Aider les jeunes fracassés par le Covid ; les anxieux, les gens qui doutent, les « paumés ». À souffler, oublier, se marrer, à faire un pas de côté.

Il faut mener ce combat, même si on le perd.

Pour rejoindre le rang des profs de français, des universitaires, des libraires, des bibliothécaires, des éditeurs, des organisateurs d’événements littéraires. Soutenir celles et ceux qui s’échinent pendant des heures à trouver le bon mot, ciseler une phrase parfaite ou peaufiner un dessin, sans plier, malgré le ventre noué et des droits d’auteurs en berne. Sans oublier l’IA.

Il faut mener ce combat, même si on le perd.

Pour que Fahrenheit 451 finisse dans les mains d’une personne qui serait tentée de censurer un livre. Qu’un ado mal dans sa peau trouve du réconfort en lisant L’Attrape-cœurs de Salinger et la fugue d’Holden Caulfield à New York. Qu’une femme victime de violences puisse poser sa tempe sur l’épaule de Virginie Despentes en lisant King Kong Théorie. Qu’un enfant dont la mère est décédée trop tôt, reprenne pied grâce à la main tendue par Romain Gary et La Promesse de l’aube . Parce qu’un livre peut sauver.

Leïla Slimani : « Ce fantasme de la pureté de la langue a toujours été démenti »

Il faut mener ce combat, même si on le perd.

Peu importe que l’on soit l’unique lecteur du wagon. Qu’on se sente déjà obsolète, déjà un vieux con, constamment à contre-courant dans un monde qui file à toute vitesse. Sans se retourner. Serrons les dents, focalisons-nous sur les avancées et gardons espoir. « Défions le futur », le thème de la Foire du Livre de Bruxelles cette année, en écoutant la parole des sages, en rappelant les pires périodes de l’Histoire. Pour ne pas avoir à se dire, dans quelques années, en regardant les générations d’après embourbées dans les affres d’une société infernale qu’on aura contribué à façonner : je le sentais, je n’ai rien fait, j’aurais dû… Vive la littérature.