La biotech lilloise 4Moving Biotech franchit une nouvelle étape dans le développement de son candidat-médicament contre l’arthrose chronique du genou. La start-up a annoncé avoir bouclé une levée de fonds de 12 millions d’euros, destinée à financer la poursuite de ses essais cliniques et à décrocher une première preuve de concept chez l’Homme.

« C’est une confirmation de notre trajectoire et une marque de confiance renouvelée de la part de nos investisseurs », s’enthousiasme Luc Boblet, p-dg de 4Moving Biotech. La biotech lilloise vient de finaliser une levée de fonds de 12 millions d’euros, grâce à un renouvellement de l’actionnariat existant, mais également à de nombreux nouveaux investisseurs privés. « Un signal fort quant au potentiel de notre molécule », estime le dirigeant.

Spin-off de 4P Pharma, spécialisée dans le repositionnement de médicaments existants sur des maladies sans traitement, 4Moving Biotech développe un unique candidat-médicament, baptisé 4P004. Un analogue du GLP-1, le liraglutide, approuvé depuis 2009 dans le traitement du diabète, que la biotech cherche à repositionner contre l’arthrose chronique du genou. Fruit de ses recherches internes, la start-up a ainsi réussi à démontrer que les récepteurs GLP-1, connus notamment comme des régulateurs de l’appétit et largement utilisés dans le traitement du diabète et de l’obésité, étaient présents au niveau du genou.

« Au cours de la phase I, nous avons déjà pu confirmer le profil de sécurité de la molécule dans le traitement de l’arthrose du genou, l’absence d’effets secondaires, ainsi que la dose optimale à administrer », explique Luc Boblet. Fort de ces résultats encourageants, 4Moving Biotech avait lancé la phase IIa de son essai clinique l’année dernière. « Grâce à ces fonds, nous allons pouvoir finir le recrutement et la réalisation de cet essai, actuellement en cours en Europe et au Canada, et l’étendre sur le sol américain », projette le dirigeant. La biotech entend ainsi obtenir une première preuve de concept pour son traitement contre l’arthrose chronique du genou.

Un traitement 2en1 au positionnement first-in-class

4Moving Biotech met en avant le potentiel first-in-class de son candidat-médicament, injecté directement dans le genou grâce à une formulation propriétaire. La biotech ambitionne ainsi de se positionner à la fois sur le soulagement des symptômes de l’arthrose et sur la préservation de la structure articulaire, là où les traitements existants ciblent principalement la douleur. « Avec le 4P004, nous voudrions adresser les deux facettes thérapeutiques de la maladie grâce à son action sur les récepteurs du GLP-1 présents à la fois dans le cartilage, mais aussi dans l’os et la membrane synoviale, permettant une protection de l’articulation au sens large », détaille Luc Boblet.

Si le marché de l’arthrose est considérable, avec près de 650 millions de personnes atteintes de la pathologie dans le monde, la trajectoire du 4P004 reste conditionnée au succès des prochaines étapes cliniques. Pourtant, face aux lacunes thérapeutiques que le médicament pourrait combler, les dirigeants de la biotech ont déjà de grandes ambitions pour le liraglutide. « S’il parvient jusqu’au marché, nous estimons que notre médicament pourrait atteindre plusieurs milliards d’euros de ventes annuelles », avance Luc Boblet.

Si la route est encore longue, les données déjà disponibles sur le liraglutide et le recul dont dispose les agences réglementaires sur son utilisation clinique devraient faciliter son autorisation. La biotech bénéficie ainsi d’une voie d’approbation accélérée, réservée aux molécules matures, et sera notamment exemptée de réaliser une phase III pour obtenir l’approbation de son candidat-médicament. Après la fin de la phase IIa, dont les résultats sont attendus pour fin 2026, la biotech démarrera donc une phase pivot IIb, qui doit durer près de deux ans. Un développement pour lequel 4Moving Biotech va avoir besoin d’appuis financiers supplémentaires.

De nouveaux financements pour accéder à la commercialisation

Cette nouvelle levée de fonds de 12 millions d’euros complète un premier financement de 7,6 millions d’euros, reçu par 4Moving Biotech, en avril dernier, dans le cadre du plan France 2030. « En tout, nous avons levé près de 20 millions d’euros en dix-huit mois », résume Luc Boblet. Des ressources qui resteront toutefois insuffisantes pour mener le programme jusqu’à la commercialisation, que le dirigeant envisage à l’horizon 2029. « La phase IIb nécessitera entre 80 et 100 millions d’euros de financements supplémentaires », explique-t-il. 4Moving Biotech envisage déjà des partenariats avec des grands laboratoires pharmaceutiques. Reste désormais à la biotech à transformer ces promesses scientifiques en résultats cliniques robustes.