Dans le cadre de Mars bleu, mois dédié au dépistage et à la prévention du cancer du côlon, l’établissement mutualiste montpelliérain organise une nouvelle action à destination du grand public, ce 28 mars. L’occasion de (re) découvrir la spécificité de la clinique qui s’est fait une spécialité de l’endoscopie et de la chirurgie viscérale à travers le Montpellier maladies de l’appareil digestif (Momad). Un centre réunissant en un seul et unique lieu l’ensemble du parcours de soins. Un gage d’efficience pour le patient comme pour le personnel soignant.
« Nous sommes assez fiers de ce que nous faisons ici », devise, légitime pointe de fierté non feinte en sus, François Gallet, tout en observant ses deux confrères gastro entérologues, focalisés sur une endoscopie (*) dite interventionnelle. Où, ici, dans l’une des quatre salles d’opération dédiées il est, ce jour-là, question de réséquer un polype, tranquillement installé sur la fine paroi (2 à 3 mm) colorectale d’un patient.
Une intervention où le banal le dispute au délicat. Comprendre : installé au cœur de la clinique mutualiste Beau Soleil, entre les avenues de la Liberté et de Lodève, le Montpellier maladies de l’appareil digestif (Momad) est un centre médical singulier (lire ci-contre). « L’un des plus gros de France en matière de gastro entérologie avec quatorze praticiens sur place », insiste le médecin. Lequel, de fait, traite quelque huit mille interventions de ce type bon an mal an. Mais toujours avec ce nécessaire souci de précision inhérent au monde chirurgical.
Soit l’un des aspects de la panoplie déployée par l’établissement dans le dépistage et la prise en charge du cancer colorectal et de ses pathologies associées. Et que la clinique entend mettre en avant, ce samedi 28 mars dans le cadre de l’opération annuelle de sensibilisation Mars bleu, prévue dans l’enceinte de l’établissement (*)
Le Momad, une plateforme unique pour accélérer la prise en charge
Dépisté à temps, un cancer colorectal se guérit dans 90 % des cas. Encore faut-il disposer d’un plateau technique et des blouses blanches idoines. C’est dans cette optique que la clinique mutualiste Beau Soleil et Gastrodoc (Saint-Jean-de-Védas) ont décidé de mutualiser leurs moyens et expertiser il y a quelques années de cela. C’est sur ce socle commun qu’est né le Momad. Un site singulier et rare dans l’Hexagone qui offre, sous un même toit, tout le circuit de prévention et de soin dédié au cancer colorectal. Un gain évident pour le patient (mais aussi pour l’établissement et, en corollaire, pour l’Assurance maladie. Car au lieu de devoir changer d’établissements, d’attendre des rendez-vous à plus ou moins long terme, il chemine, étape par étape, au même endroit : du simple et bénin dépistage jusqu’à l’endoscopie de niveau trois voire un passage par le bloc voisin de celui du Momad si un recours à la chirurgie digestive est nécessaire.
Pour que cette machinerie bien rodée fonctionne, l’ensemble de la communauté soignante (anesthésiste, gastro entérologues, radiologues, chirurgiens viscéraux) avancent au même rythme et croisent informations et retours d’expérience et travaillent de concert. Cela associé à cet esprit mutualiste désireux de faire passer le patient avant le rendement. Le tout, sans dépassement d’honoraire. Pas rien.
« Nous sommes l’avant-dernière région en France, nous sommes très mauvais ! »
Sortie de bloc. À quelques dizaines de mètres des scialitiques du plateau technique, Julie Collaud, radiologue spécialisée en imagerie digestive et oncologique, mais également présidente de la commission médicale d’établissement (CME) enrage. » En Occitanie, seules 31 % des personnes se font dépister ! Nous sommes l’avant-dernière région en France, nous sommes très mauvais ! ».
Et la praticienne, de concert avec ses confrères d’embrayer : « Faire une endoscopie ce n’est pas douloureux ». Et pèse peu à l’aune des dégâts d’un polype, devenu cancéreux et qui, ensuite, se développe par métastases. « Ce simple examen peut éviter de lourds traitements de chimiothérapie ou de subir une colostomie (la pose, à vie, d’une poche chargée de recueillir la matière fécale, NDLR). »
Un simple dépistage indolore pour éviter déconvenue, parcours médical lourd et, parfois, mutilation permanente
Cela d’autant plus que les outils et mesures préventives se sont affinés ces dernières années. Preuve : « Nous pratiquons de moins en moins de coloscopies », constate le gastro entérologue François Gallet. Notamment grâce à la mise à disposition de kit de prélèvement de selle à faire chez soi. Un dépistage qui, via urine analyse fine, permet d’anticiper un éventuel risque à venir. Et d’intervenir de manière quasi indolore lors d’une intervention en ambulatoire. Soit un gain appréciable pour le patient. Mais également du point de vue, évident, du coût. De la démarche comparée à celui d’une hospitalisation lourde (opération invasive, traitement post-opératoire…). Sachant que, pris à temps, le cancer colorectal peut être guéri dans 90 % des cas. Et qu’il est le deuxième facteur de mortalité par cancer chez l’homme (le troisième chez la femme). Voilà matière à réfléchir…
(*) Il existe deux types d’endoscopie. La digestive haute qui permet de visualiser l’œsophage, l’estomac et le début de l’intestin grêle et l’endoscopie basse (coloscopie) permettant l’exploration du côlon et du rectum.