Encore plus de caméras de surveillance pour lutter contre les dépôts de déchets clandestins? « On veut balayer tout sentiment d’impunité »Réduire la dépendance européenne

L’interdiction de ces exportations de déchets européens vise plusieurs objectifs. L’UE espère tout d’abord booster l’économie circulaire, qui réclame toujours plus de matériaux recyclés. Elle espère également réduire sa dépendance à l’égard des matières premières vierges.

Mais une interdiction des exportations devrait également bénéficier aux populations des pays importateurs car il existe souvent un écart important entre la capacité réelle de recyclage du pays bénéficiaire et la quantité de déchets plastiques importés. Une partie de ceux-ci finissent souvent en décharges dans des conditions environnementales et sanitaires problématiques.

Parmi les acteurs belges du recyclage, cette interdiction suscite pourtant des réticences. Dans un communiqué, Valipac, organisme qui gère la responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les emballages industriels et commerciaux estime en effet que « l’interdiction d’exporter les déchets plastiques hors OCDE risque d’entraîner une montagne de déchets d’emballages plastiques industriels en Belgique ».

Le coût vérité a des effets sur le volume de déchets produits, mais est délicat à appliquerLes chaînes de retraitement sous pression

« Il sera particulièrement difficile de trouver suffisamment de recycleurs en Europe capables de transformer ces flux en regranulés. En conséquence, un volume croissant de déchets d’emballages plastiques risque de ne pas bénéficier d’un traitement durable, avec l’incinération comme issue. Cette situation met sous pression l’ensemble de la chaîne de collecte et traitement des emballages plastiques industriels, compromet la performance globale en matière de recyclage et met les taux de recyclage de Valipac sous pression » argumente l’organisme.

« Quand on parle d’emballages industriels, on fait référence aux films en plastique, aux bigs bags (grands sacs en polypropylène utilisés pour le transport de matériaux, NdlR), aux liens de cerclage… toutes sortes d’emballages auxquels on ne pense pas forcément en tant que consommateur. L’interdiction d’exporter nos déchets représente une bonne décision du point de vue de la circularité de proximité, mais en pratique nous ne recyclons actuellement que 45 % de nos déchets plastiques industriels en Europe. Il faudrait donc augmenter notre capacité de 55 %. Comment l’Europe va-t-elle pouvoir absorber des volumes aussi importants du jour au lendemain ? », s’interroge Xavier Lhoir directeur général chez Valipac.

Afin d’éviter ce scénario, Valipac est à la recherche des entreprises de recyclage locales disposant de la capacité nécessaire pour donner une seconde vie à 6 000 tonnes de big bags. « Les recycleurs capables de transformer ces quantités en regranulés et prêts à réserver la capacité requise au bénéfice des collecteurs affiliés à Valipac ont une chance de conclure une convention de coopération avec l’organisation », souligne M. Lhoir.