Le vent se lève, la nature s’agite en silence, avant la tempête. Deux frères jouent et se chamaillent devant leur maison pour tuer l’ennui. Ils guettent le retour de leurs parents, mais surtout celui de leur père, souvent absent à cause du travail. Alors quand ce dernier revient et leur propose de l’accompagner le temps d’une journée à Lagos, l’immense capitale du Nigeria, ils savent que l’aventure les attend au bout du chemin. En arrière-plan de cette journée à jamais gravée dans leur mémoire se dessine le destin du pays africain. Son histoire sanglante gronde dans le ciel comme un mauvais présage.

Nous sommes en 1993, et le Nigeria s’apprête à élire son nouveau président. L’attente des résultats plonge la population en apnée, elle qui a mis tous ces espoirs de renouveau dans ce sursaut démocratique. L’expédition de la petite famille est ponctuée d’échanges de regards noirs avec les militaires qui rôdent. Jusqu’à ce que la nouvelle tombe : un coup d’État est proclamé, et précipite le pays dans le chaos.

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Dans ce récit semi-autobiographique coécrit avec son frère, Akinola Davies raconte son histoire familiale à travers la grande, celle du Nigeria de 1993. Récompensé d’un BAFTA en février dernier, le premier long-métrage du réalisateur britanno-nigérian est construit comme un souvenir, et nous emmène dans une odyssée à hauteur d’enfants. Cette dernière journée avec son père – que le cinéaste n’a jamais véritablement connu car décédé alors qu’il avait deux ans – se retrouve encapsulée dans le temps.

Interprété par le talentueux Sope Dirisu (Gangs of London), ce père à la fois charismatique et sensible n’est jamais idolâtré. C’est son humanité qui est sublimée, et permet aux deux frères de comprendre qu’il est éphémère. Avec son film, Akinola Davies fait le pari de le garder en vie quelque…