La résistance à parler de salaire persiste. Selon une nouvelle étude de Partena Professional, 18,7 % des Belges interrogés ne connaissent pas le montant du salaire de leur conjoint. En 2025, ce pourcentage n’était que de 12,2 %. Ils sont 64 % à être dans l’ignorance de la rémunération (57,7 % en 2025) de leur père. Ce taux grimpe à 72,9 % lorsqu’il s’agit du salaire du meilleur ami.

En fait, 18,3 % des Belges déclarent être à l’aise pour parler salaire, ce qui est mieux qu’en 2025 (14,2 %). « Nous trouvons l’idée de la transparence salariale louable, mais nous ne l’appliquons pas dans notre vie privée. La législation peut imposer la transparence, mais elle ne peut pas imposer l’ouverture. Pour cela, il faut culture où parler de rémunération se fait naturellement et en toute sécurité », souligne Yves Stox, managing consultant chez Partena Professional.


Toujours selon cette enquête, 55,9 % des Belges se disent curieux de connaître le salaire de leurs collègues. Sur le lieu de travail, la connaissance réelle du salaire des autres reste stable : 36,4 % des personnes connaissent le salaire de leur collègue le plus proche et 14,6 % de leur supérieur hiérarchique direct.




D’ici le 7 juin prochain, le gouvernement fédéral doit transposer dans la législation belge une directive européenne sur la transparence salariale. Des conventions collectives de travail doivent aussi être adaptées pour respecter la législation édictée par l’Union. Selon Yves Stox, cette date butoir ne sera probablement respectée. Et même si la Belgique finira par rentrer dans le rang, le seuil de retenue reste élevé : 48,7 % des personnes interrogées n’oseraient pas demander quels sont les salaires moyens dans leur organisation.

Pas dans la culture

« Ce taux de 48,7 % montre, selon moi, que la directive européenne ne correspond pas avec notre culture d’entreprise en Belgique. La directive veut que la question du salaire devienne le premier sujet à aborder lors du processus de recrutement. Chez nous, ce n’est qu’à la fin que l’on discute du salaire », estime Yves Stox. Beaucoup de personnes ont l’impression qu’en s’informant sur les salaires dans la société, c’est comme s’ils demandaient déjà une augmentation salariale. « Pour beaucoup de Belges, le salaire reste une affaire privée, même au sein de leur propre famille », conclut l’expert de Partena.