« On est content pour le take-away, mais pas du tout heureux pour l’hôtellerie et déçu pour la restauration qui pensait avoir enfin un petit coup de main avec la baisse de la TVA sur les boissons non alcoolisées », souffle-t-il. Il espère néanmoins un revirement lors du contrôle budgétaire du mois de mars. « Rendez-vous en mars. Ils vont devoir trouver des recettes, c’est indéniable… »

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Dans un communiqué, la Brussels Hotels Association parle d’un « choc brutal » avec le doublement de la TVA sur les nuitées, de 6 à 12 %. Le secteur dénonce « un cocktail de taxes en 2026, qui est un poison mortel » et estime que la mesure « va mécaniquement entraîner une pression accrue sur la demande et une dégradation de la compétitivité ».

Du côté de la culture et des loisirs, le report est accueilli avec soulagement prudent. Denis Gerardy, directeur du Cirque Royal et du festival Les Solidarités, se dit « réjoui de cette sagesse d’être retourné à du 6 % jusqu’à nouvel ordre. Mais il ne faut pas crier trop vite victoire. On a l’impression d’un pas en avant, pour un pas en arrière, dans les semaines à venir ».

À ce jour, il regrette surtout que le secteur n’ait pas été associé aux décisions. « On a été pris en otage une fois de plus. L’idéal serait de mettre tous les interlocuteurs autour de la table pour analyser le scénario le moins pire. »

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Même sentiment chez les frituristes, où l’incertitude domine. « Aujourd’hui, c’est une bonne nouvelle, mais on ne sait pas ce qui va arriver après », résume Patrick De Corte, frituriste et forain. Il redoute que toute hausse se répercute sur les clients. « Si j’augmente le paquet de frites, qui paie ? Les clients, comme d’habitude. Un pour cent de TVA en plus sur des produits de luxe, ça me dérangerait moins. »

« Les politiciens se moquent du prix des frites »

En attendant de nouvelles discussions après les vacances, tous s’accordent sur un point : la réforme de la TVA est loin d’être bouclée. « La suite au prochain épisode. Vous savez, les politiciens se moquent bien de savoir si le prix des frites augmentera ou pas », lance Patrick De Corte.

Soupir de soulagement du côté des écoles aussi. Le monde de l’enseignement et les politiques se sont mobilisés contre la hausse de la TVA pour les écoles qui font appel à des traiteurs externes pour les repas scolaires. « C’est un soulagement relatif pour les familles concernées. C’est une non-augmentation de ce qu’elles craignaient parmi d’autres augmentations qui sont certaines », réagit Merlin Gevers, chargé d’études à la Ligue des familles. « Tout le monde s’est rendu compte dès le départ que ça n’avait aucun sens d’augmenter les repas tant dans les écoles que les crèches et les maisons de repos. ça générait des situations complètement absurdes. »

La Ligue des familles appelle le gouvernement de la FWB à revoir ses plans pour sauver les repas sains, équilibrés et gratuits des 55.000 élèves de 430 écoles qui concentre les familles particulièrement exposées à la précarité financière.

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