Une vidéo dans laquelle Brad Pitt et Tom Cruise a généré plus d’1 million de vues en 48 heures.Elle est l’oeuvre d’un réalisateur irlandais qui s’est servi de Seedance 2.0, une IA générative créée par le géant chinois Bytedance.Scandalisés, les studios hollywoodiens ont déjà mis en demeure la société propriétaire de TikTok.
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L’intelligence artificielle, cette technologie qui bouleverse nos vies
Vous rêviez de revoir Tom Cruise et Brad Pitt ensemble à l’écran, trente-deux ans après Entretien avec un vampire ? L’intelligence artificielle l’a fait ! Depuis bientôt quarante-huit heures, les internautes repartagent, fascinés, une vidéo dans laquelle les deux sexagénaires se battent à mains nues sur le toit d’un building. Elle a été conçue par Ruhairi Robinson, un réalisateur irlandais de films publicitaires, à l’aide de Seedance 2.0, la dernière évolution d’un logiciel d’IA générative conçu par la société chinoise Bytedance, propriétaire de TikTok.
« C’était un prompt de deux lignes », écrit l’auteur de cette séquence bluffante de réalisme qui cumule plus d’1,2 million de vues sur le réseau X. « Si ceux qui pensent que Hollywood est fini ont raison, alors peut-être que ceux qui pensent que Hollywood est fini le sont aussi… Je ne sais pas. » Sur son compte, on peut également voir Brad Pitt affronter un zombie ninja et Tom Cruise combattre un robot. Dans une variante de la première, les deux acteurs se bagarrent au sujet de l’affaire Epstein…
This was a 2 line prompt in seedance 2. If the hollywood is cooked guys are right maybe the hollywood is cooked guys are cooked too idk. pic.twitter.com/dNTyLUIwAV — Ruairi Robinson (@RuairiRobinson) February 11, 2026
Outre-Atlantique, où l’utilisation de l’IA suscite autant de fascination que d’inquiétude, la sonnette d’alarme est d’ores-et-déjà déclenchée. Jeudi, la Motion Picture Association (MPA), l’association qui représente les intérêts des grands studios de cinéma – Warner, Disney, Paramount et consorts – a publié un communiqué pour dénoncer « une utilisation non autorisée d’œuvres américaines protégées à une échelle massive ».
Les créations de Ruhairi Robinson avec Brad Pitt et Tom Cruise ne sont en effet que le sommet de l’iceberg. Sur les réseaux sociaux, on peut également trouver des vidéos mettant en scène les personnages de Spiderman, Le Seigneur des Anneaux, Stranger Things, Shrek ou encore Titanic avec Leonardo DiCaprio et Kate Winslet, toutes réalisées grâce à Seedance 2.0.
Finally the Titanic ending that makes sense 😂. Thanks SeeDance 2.0 pic.twitter.com/JXQptwxX4w — Rajdeep (@RajdeePisBored) February 12, 2026
« En lançant un service qui fonctionne sans garanties significatives contre les abus, ByteDance fait fi de la loi bien établie sur le droit d’auteur qui protège les droits des créateurs et soutient des millions d’emplois américains. ByteDance doit immédiatement cesser son activité de contrefaçon », réclame la MPA qui n’a pas reçu de réponse de la société chinoise à ce stade. Quoi qu’il arrive, le débat ne fait que commencer au sein de l’industrie du divertissement.
Une évolution inéluctable ?
Parmi les nombreuses réactions au scandale, celle de Rhett Reese, scénariste de Deadpool, est particulièrement intéressante. « Je déteste devoir dire ça, mais je crois que c’en est fini pour nous », écrit-il. « En un rien de temps, une personne va pouvoir s’asseoir devant un ordinateur et créer un film indiscernable de ce que Hollywood sort maintenant. Si cette personne est mauvaise, ce sera nul. Mais si cette personne possède le talent et le goût de Christopher Nolan (et quelqu’un comme ça arrivera rapidement), ce sera formidable. »
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Si les studios sont vent debout contre les progrès de Seedance 2.0, c’est peut-être moins pour des raisons éthiques que financières. On se rappelle qu’en novembre dernier, Disney a conclu un accord avec OpenAI afin de permettre l’utilisation de ses personnages sur la plateforme de vidéo Sora. Ses utilisateurs vont ainsi pouvoir créer des « shorts », des vidéos courtes en ayant accès aux quelque 200 personnages de Disney, Marvel et Star Wars, ainsi qu’à tous les éléments visuels de leurs univers respectifs.
Jérôme VERMELIN
